mercredi, 07 octobre 2009
corruption ?
Afrique : les nouveaux visages de la corruption
Afrique : les nouveaux visages de la corruption© Glez
Dirigeants politiques suspectés, hommes d’affaires peu scrupuleux, citoyens rançonnés... La lutte contre ce fléau est loin d’être gagnée dans les pays subsahariens. Un constat partagé par Transparency International, qui vient de publier son rapport mondial.
Son goût immodéré pour les chaussures italiennes a bien failli lui coûter très cher. Mais finalement, l’ancien président zambien Frederick Chiluba, poursuivi pour corruption et détournement de fonds publics, a été relaxé le 17 août par la justice de son pays. Après cinq années de procédure, le ministère public n’a pas réussi à prouver la culpabilité de l’accusé, qui risquait jusqu’à cinq ans de prison ferme pour une indélicatesse estimée à 500 000 dollars.
Comment cet ancien leader syndical pouvait-il dépenser plusieurs dizaines de milliers de dollars dans une boutique de mode de Genève, alors que son salaire de chef de l’État ne lui permettait pas de payer le dixième de ces achats ?
Costumes de marque, cravates griffées, pyjamas de soie, sans compter une bonne centaine de paires de chaussures sur mesure… Chiluba ne mégotait pas, rétribuant son fournisseur helvétique par pleines valises de billets de banque. Mais la relaxe prononcée en sa faveur vient mettre un terme définitif aux « tracasseries » dont l’ex-président se dit victime depuis qu’il a quitté le pouvoir. Un épilogue qui tend à prouver qu’après une décennie de combats, les militants de la lutte anticorruption semblent aujourd’hui perdre du terrain. Et pas seulement en Zambie.
« Nous vivons une époque de retour en arrière », constate Daniel Kaufmann, ancien directeur de l’Institut de la Banque mondiale devenu expert auprès du think-tank américain Brookings Institution. Il est vrai que « les quelques commissions anticorruption qui ont eu le courage de mener le combat en Afrique » ont de plus en plus de mal à remplir leur mission. Ceux qui les dirigent restent à la merci d’un limogeage brutal et font régulièrement l’objet de menaces, qui peuvent les contraindre à l’exil.
Retour en arrière
Au Nigeria, pays réputé pour sa richesse pétrolière et la concussion de ses élites, l’ex-président de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) a dû quitter le pays en décembre dernier pour trouver refuge au Royaume-Uni. Nommé sous le régime d’Olusegun Obasanjo, Malam Nuhu Ribadu a été mis à l’écart par les nouvelles autorités à la suite de l’élection d’Umaru Yar’Adua en avril 2007. Les menaces de mort dont il a fait l’objet l’ont conduit à s’établir à l’étranger. Ce parcours n’est pas sans rappeler celui de John Githongo, le « Monsieur Propre » du Kenya jusqu’en 2005. Ancien chef de la Commission anticorruption kényane, il a lui aussi préféré jeter l’éponge et s’exiler au Royaume-Uni.
Autre changement majeur, en Afrique du Sud, où l’unité d’élite des Scorpions a dû céder ses dossiers relatifs à la corruption aux enquêteurs de la Direction pour les opérations spéciales (DPCI), surnommés les Faucons. Ce transfert de compétences intervenu en juillet est lourd de conséquences, puisque la nouvelle unité est rattachée à la police nationale, tandis que les Scorpions, créés en 1999 par l’ancien président Thabo Mbeki, dépendaient directement de la justice. Cette indépendance vis-à-vis de l’exécutif leur avait notamment permis d’enquêter sur des personnalités au pouvoir, à commencer par Jacob Zuma, alors vice-président. Son nom est en effet apparu dans l’enquête menée sur le trafic d’influence dont se serait rendu coupable le groupe français Thales pour décrocher un contrat de vente d’armes à Pretoria. En juin 2005, Zuma a même été démis de ses fonctions par Thabo Mbeki avant d’être inculpé pour corruption. Ce qui ne l’a pas empêché de se faire élire à la présidence de la République quatre ans plus tard. Depuis son accession au pouvoir, Jacob Zuma a pris soin de faire le ménage. Les Scorpions ont été démantelés, et leur chef, Leonard McCarthy, a été prié d’aller exercer ses talents ailleurs : le 30 juin dernier, il a pris la tête de la division antifraude de la Banque mondiale.
Destabilisation téléguidée
La lutte contre la corruption peut facilement donner matière à des règlements de comptes politiques. D’autant que les personnes qui l’incarnent s’attaquent à des intérêts très puissants. Ainsi le vérificateur général du Mali,Sidi Sosso Diarra, a été suspecté en mars dernier d’avoir pioché dans les fonds de son administration pour ses besoins personnels. Durant la même période, il a dû s’expliquer devant un juge d’instruction pour une « entrave à la liberté du travail » suite à la plainte de collaborateurs licenciés. Diarra a dénoncé une tentative de déstabilisation téléguidée par ceux que son travail dérange, tout en assurant qu’il ne renoncerait à aucun prix. Le rapport annuel publié par ses services en juillet est tout aussi incisif que les précédents. Après audit des comptes de divers services et entreprises publiques du Mali, il dénonce un manque à gagner pour l’État de 98 milliards de F CFA (150 millions d’euros), dont 40 % imputables à des fraudes.
Si les hérauts de la lutte contre la corruption sont souvent la cible de ceux qu’ils combattent, au moins peuvent-ils compter sur une relative protection de l’administration. Il n’en va pas de même pour les membres de la société civile. « Quand un fonctionnaire devient trop gênant, on le mute. Quand un militant devient trop remuant, on le bute », répond avec ironie un responsable associatif actif en Afrique centrale. Le 8 avril, à Bujumbura, Ernest Manirumva, vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) était assassiné à son domicile par des tueurs à gages, alors qu’il enquêtait sur des malversations dans les services de police.
Le rôle des opinions publiques
Malgré une mobilisation de plus en plus forte, la lutte est loin d’être gagnée. Les premiers jalons ont été posés dans les années 1990, avec la création de Transparency International (TI) par l’Allemand Peter Eigen, ancien directeur de la Banque mondiale. Depuis, un nombre croissant d’organismes internationaux comme le FMI ou la Banque mondiale ont suivi le mouvement. Parallèlement, « des ONG comme Human Rights Watch ou Global Witness ont constitué une coalition mondiale – Publish What you Pay (PWYP) –, dont le but est de combattre l’opacité des transactions financières liées à l’exploitation des ressources naturelles, notamment dans le secteur pétrolier », explique Marc Ona Essangui, coordinateur du mouvement au Gabon. Il est vrai que cette mobilisation internationale a permis aux militants africains d’adopter une approche plus franche et décomplexée d’un phénomène longtemps frappé par l’omerta. Mais après une décennie de combats, « il y a plus de déclarations d’intentions que d’actes concrets, regrette Marc Ona Essangui. Au Gabon, par exemple, l’exploitation du domaine forestier reste soumise à des circuits de corruption bien huilés malgré l’adoption d’un code forestier, qui n’est que partiellement appliqué ».
Un sentiment que partage l’économiste malien Karamoko Kané, auteur d’une étude, La Corruption des fonctionnaires africains (éditions Clé, Yaoundé, 2009). « Si l’on se base sur les enquêtes de Transparency, observe-t-il, il n’y a pas eu de progression spectaculaire en Afrique au cours des dix dernières années. En revanche, les opinions publiques sont de plus en plus sensibilisées à ce phénomène. Le premier instrument de lutte anticorruption, c’est la mobilisation générale de la société. A contrario, une société qui célèbre les escrocs constituera toujours un terreau favorable. »
Cette prise de conscience a-t-elle modifié les circuits traditionnels des pots-de-vin ? Pour Karamoko Kané, « sont révolus les temps où la lutte contre la corruption était un alibi facile pour les faiseurs de coups d’État qui, après avoir dénoncé et renversé les dirigeants en place, se lançaient immédiatement dans l’accumulation frauduleuse de fortunes personnelles. Le style Mobutu ou Abacha est passé de mode… Mais l’avènement de la démocratie multipartite a eu peu d’effets bénéfiques sur l’efficacité de la lutte contre la corruption. Les méthodes ont simplement changé. »
Résultat, selon l’Union africaine, « les ressources gaspillées du fait de la corruption en Afrique atteignent 25 % du PIB total du continent », rappelle l’avocat camerounais Akere Muna, vice-président de Transparency. Soit un manque à gagner évalué en 2002 à 150 milliards de dollars par an… et sans doute plus aujourd’hui. « Pour la Banque africaine de développement (BAD), ce fléau conduit à la perte d’environ 50 % des recettes fiscales annuelles et engendre une augmentation des prix proche de 25 % », poursuit-il. Quant au rapport mondial 2009 de Transparency sur la corruption dans le secteur privé, publié le 23 septembre, il dresse un constat accablant. Les pots-de-vin versés à des politiciens et à des fonctionnaires sont estimés à 40 milliards de dollars par an dans les seuls pays en développement. Cette corruption endémique entraîne une hausse du coût des projets d’au moins 10 %.
Les pauvres, premières victimes
Si le phénomène coûte très cher aux États, il pénalise surtout les plus démunis. Loin des salons feutrés où se concluent les petits arrangements entre ministres et représentants des multinationales de l’armement ou du BTP, l’Africain lambda paie, lui, le prix fort. Les ménages économiquement faibles dépensent en moyenne de 2 % à 3 % de leur revenu en pots-de-vin. Le phénomène est désormais omniprésent dans certains pays, comme en témoigne le « Baromètre mondial de la corruption » 2009 publié par TI en juin dernier. Selon cette enquête réalisée dans 69 pays auprès de plus de 73 000 personnes, 40 % des sondés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord déclaraient avoir payé un pot-de-vin au cours des douze mois précédents, contre « seulement » 26 % en Afrique subsaharienne (et 10 % en Amérique Latine, 5 % dans l’Union européenne, ou bien encore 2 % aux États-Unis). Toutefois, au Liberia, en Sierra Leone, en Ouganda et au Cameroun, plus de 50 % des sondés affirment avoir versé un bakchich sur les douze mois écoulés.
L’enquête de TI tente également d’établir une hiérarchie de la corruption dans les services publics. Champions toutes catégories : les fameux corps habillés (en uniforme) – rebaptisés « corps à billets » en Afrique francophone, ou encore « mange-mille » en raison de leur insatiable appétit pour les coupures de 1 000 F CFA. Ainsi, 24 % des sondés ayant eu un contact avec les forces de l’ordre au cours de l’année précédente ont dû verser un pot-de-vin ; 16 % des personnes ayant été en contact avec le système judiciaire et 15 % des personnes ayant eu des relations avec les services fonciers ont aussi dû mettre la main à la poche. Plus inattendu, 9 % des usagers des services de santé ou du système éducatif ont été confrontés à la corruption.
Fraudes, collusion et trafic d’influence sont désormais des pratiques intégrées par les corps médical et enseignant. Là comme ailleurs, les fonctionnaires ont mis sur pied des stratégies parfois très subtiles, comme l’instauration de systèmes de corruption mutualisée. Lorsque la corruption individuelle expose le coupable à la dénonciation de ses collègues, de véritables réseaux se forment, facilitant la redistribution des bénéfices de haut en bas de la chaîne hiérarchique.
Diplômes achetés
Dans le système éducatif, l’admission des élèves ou des étudiants dans l’établissement de leur choix et la fraude aux examens constituent les abus les plus courants. Une enquête réalisée en 2005 par l’Association nigérienne de lutte contre la corruption (ANLC) démontrait que les parents d’élèves prennent directement contact avec les enseignants ou sollicitent un intermédiaire, quand ce ne sont pas les enseignants eux-mêmes qui s’organisent collectivement pour offrir leurs services au moment des examens. Ceux-ci sont clairement tarifés, le brevet d’étude de premier cycle se monnayant jusqu’à 150 euros, le baccalauréat 300 euros et une bourse d’études à l’étranger 450 euros.
Si beaucoup d’arrangements se soldent par une transaction financière, la corruption peut aussi se manifester tout autrement, certains professeurs pratiquant un véritable droit de cuissage sur les élèves ou étudiantes souhaitant passer au niveau supérieur. Ce sont les fameuses MST – moyennes sexuellement transmissibles – que les victimes dénoncent de plus en plus vigoureusement, sans pour autant faire régresser le phénomène. Conséquence, dans un nombre croissant de pays africains, la manipulation des résultats aux examens « menace sérieusement la fiabilité des modes de certification de l’enseignement supérieur, induisant le scepticisme sur la validité des résultats », souligne Mark Bay, directeur de l’Institut international de planification de l’éducation (IIPE), qui vient de coéditer avec l’Unesco un rapport sur la corruption dans le monde enseignant.
Pour Karamoko Kané, cette gangrène du système éducatif est sans doute l’une des manifestations les plus graves de la corruption, car elle assure la pérennité du système : « En réalité, ce sont les fondements mêmes de la vie en commun qui sont progressivement ébranlés lorsque les enfants qui, plus tard, doivent prendre le pays en charge viennent à être définitivement convaincus que l’effort personnel et le mérite ne sont d’aucune utilité, et qu’une vie réussie ne peut être bâtie que sur les magouilles et le favoritisme. » Cette corruption du quotidien est certes moins médiatique que l’enquête judiciaire sur « les biens mal acquis » menée par la justice française à l’encontre de certains chefs d’État africains soupçonnés de s’être constitué un patrimoine en détournant de l’argent public. Moins médiatique, mais autrement plus dangereuse pour les générations futures.
| CONTINENTAL - ECONOMIE |
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exode is back
AFRIQUE DU SUD - SOCIÉTÉ
crise économique(120) - exil(25) - émigration(22) - statistique(10)
06/10/2009 12:16:42 | Jeune Afrique | Par : Financial Times et Jeune Afrique
Les Blancs sud-africains rentrent au pays
Ils étaient partis en masse vers des cieux qu’ils croyaient plus cléments. Mais, depuis cette année, la tendance s’inverse. En cause : la crise mondiale, qui rend la vie d’exilé bien difficile.
Après quinze années passées à Londres, Willem De Klerk éprouvait une certaine appréhension à rentrer en Afrique du Sud. « Quand j’ai évoqué cette possibilité, à la fin de 2008, mes amis m’ont dit que j’étais en train de faire la plus grosse erreur de ma vie », raconte-t-il. Cet ancien fonctionnaire de 41 ans n’a pourtant pas tardé à comprendre qu’il avait pris la bonne décision.
« La vie au Royaume-Uni était devenue très dure. Les six derniers mois, nous n’arrivions même plus à joindre les deux bouts. » Avec femme et enfant, De Klerk a quitté une maison de la banlieue de Londres pour une propriété trois fois plus grande près de Pretoria. « Nous avons apprécié d’en avoir pour notre argent. Depuis que nous sommes ici, nous nous en sortons mieux que jamais. »
Joindre les deux bouts
L’histoire de la famille De Klerk est loin d’être une exception. Et pourtant, il y a un an, les coupures de courant, le taux de criminalité élevé et les incertitudes politiques décourageaient les Sud-Africains blancs, qui se précipitaient vers la sortie.
Mais, aujourd’hui, même si la discrimination positive et la criminalité leur font toujours peur, de nombreux Blancs cherchent à regagner leur pays. Il n’y a pas de statistiques officielles en ce domaine. De surcroît, les analystes estiment que beaucoup de départs n’ont pas été enregistrés. L’Institut des relations interraciales s’est néanmoins risqué à faire des projections : entre 1995 – soit un an après la fin de l’apartheid – et 2005, plus de 750 000 Blancs (sur les 5,2 millions que comptait alors l’Afrique du Sud) auraient quitté le pays.
Les statistiques des entreprises de déménagement, elles, sont formelles : le nombre des retours est à la hausse. Depuis le début de 2009, une soixantaine de personnes utilisent chaque mois les services d’Elliott International (qui détient près de 30 % des parts de marché) : c’est presque le double par rapport à 2008. « Il y a eu un tournant, la confiance revient », estime Charles Luyckx, son directeur exécutif. À l’en croire, alors que l’on comptait quatre départs pour un retour en 2008, le ratio se rapproche aujourd’hui d’un pour un.
Tyron Whitley, 34 ans, qui a quitté Londres pour Durban il y a dix-huit mois et créé une entreprise de transport par bateau des véhicules des candidats au retour, fait le même constat : « L’an dernier, on établissait trois devis par semaine. Cette année, c’est un à deux par jour. »
Selon un rapport de la FNB, une des plus grosses banques du pays, seulement 11 % des propriétés sont vendues par des personnes sur le départ, contre plus de 20 % ces dernières années.
L’ampleur de la récession en Australie, au Royaume-Uni et à Dubaï semble avoir joué un rôle majeur dans ce retournement de tendance. Pour l’Afrique du Sud, la crise économique a été moins grave et les perspectives politiques s’améliorent. Jacob Zuma, élu en avril dernier, est peut-être un personnage controversé, mais, pendant ses premiers mois de présidence, il a envoyé des signaux plus rassurants que son prédécesseur Thabo Mbeki à la minorité blanche, aux Indiens et aux métis. « Zuma dit ce qu’il a à dire. Reconnaissons-lui ce mérite », estime Greg Anderson, 41 ans, qui a quitté Londres et sa société spécialisée dans les nouvelles technologies pour Le Cap, il y a quelques mois. Tim Schultz, 35 ans, envisage de suivre son exemple : « Beaucoup de sujets de division ont disparu. La fièvre est retombée. »
Ce nouveau contexte pousse les jeunes actifs à considérer les perspectives de leur pays avec davantage de recul. Ils les comparent à celles d’autres marchés émergents, comme le Brésil ou l’Inde, plutôt qu’à celles des pays plus développés, comme l’auraient fait leurs parents et leurs grands-parents. « La jeune génération ne voit pas les choses de manière aussi apocalyptique », conclut Schultz.
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mardi, 06 octobre 2009
Foncièrement bien dit
Vendredi 9 octobre, Venance KONAN sera l'invité des causeries Kokoyalê.
Résumé :
Robert et les Catapila, le plaisir du raconteur d’histoires prend le pas sur le souci du donneur de leçons. Même le badinage ne fait pas de l’ombre à la gravité de l’allégorie.Qui est étranger, qui ne l’est pas ? A qui appartient la terre, à celui qui la travaille ou à celui qui en récolte l’usufruit ? Quand leur prospérité de solides cultivateurs finit par attiser convoitise et jalousie chez leurs hôtes, il a fallu se rendre à l’évidence qu’un étranger n’est acceptable chez les autres qu’à condition qu’il rase les murs. Une fin qui surprend ridiculisant l’actualité d’un certain concept pseudo politique qui a fait fureur en Côte d'ivoire. ( le blog de kangni alem : http://togopages.net/blog/?p=95)
Causeries Terra Nova : chaque vendredi soir à Abidjan.
Réservations : terranova_ci@yahoo.fr
http://terra.blogspirit.com
22:35 Publié dans Spirit of Africa | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : venance konan, côte d'ivoire, foncier, ivoirité, kokoyalê
lundi, 31 août 2009
22%
En 2050, les Africains constitueront 22% de la population mondiale active
http://www.lesafriques.com/marketing-et-medias/en-2050-le...
« Le monde connaîtra des bouleversements démographiques considérables d'ici 2050 », avertit une étude réalisée en avril 2007 par le Département des études économiques de la Société Générale.
Non seulement la population mondiale passera de 6,7 milliards en 2005 à 9,2 en 2050, mais de formidables modifications affecteront aussi sa structure d'âge. Le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) passera de 4,2 milliards en 2005 à 5,9 milliards en 2050. L'étude se base sur trois hypothèses élaborées par la Division de la population de l'ONU. La première est la baisse tendancielle des taux de fécondité dans les pays où ils sont élevés (l'Amérique latine, l'Afrique, notamment l'Afrique subsaharienne, etc.). La deuxième est l'allongement et la convergence à terme de l'espérance de vie à la naissance, résultat du recul de la mortalité infantile dans certaines régions de la planète. La troisième est la réduction de moitié, en 30 ans, du nombre de nouveaux individus affectés par le virus du SIDA et la baisse de l'intensité de l'épidémie.
La part de la Chine dans la population mondiale active, 22,2% en 2005, ne sera plus en 2050 que de 14,6%.
Vieux Européens et jeunes Africains
Le monde est ainsi en pleine transition démographique : « Dans la première phase de cette transition, la mortalité diminue, celle en particulier des enfants, de telle sorte que la population augmente fortement et rajeunit. Dans un deuxième temps, le taux de fécondité fléchit. Enfin, dans un troisième stade, la conjonction de la hausse de l'espérance de vie et de la baisse du taux de fécondité entraîne un vieillissement accéléré de la population. »
Les différentes régions du globe se trouvent à des stades différents de cette transition démographique : l'Afrique sub-saharienne, par exemple, est au tout premier stade alors que les pays industrialisés sont déjà au troisième stade. Conséquence : l'augmentation de la population mondiale et celle de la population active se concentreront dans les pays émergents. « A la dépression démographique, conjuguée à un vieillissement accéléré que connaîtront l'Europe et certains pays asiatiques avancés (Japon, Corée du Sud) s'opposera la croissance rapide de la jeunesse de l'Afrique subsaharienne et, dans une moindre mesure, de certains pays asiatiques émergents », prédit la Société Générale.
Le poids démographique futur de l'Afrique
La part de l'Europe dans la population mondiale active, 11,9% en 2005, baissera à 8,2% en 2030, pour atteindre seulement 6,5% en 2050, ce qui ne manquera pas d'induire des besoins grandissants en main-d'œuvre immigrée. Résultat tardif de sa politique anti-nataliste, la Chine verra baisser, à partir de 2020, sa population en âge de travailler : sa part dans la population mondiale active, 22,2% en 2005, ne sera plus en 2050 que de 14,6%.
La part de l'Afrique dans la population mondiale en âge de travailler évoluera de 12,1% en 2005 à 17% en 2030, pour atteindre 22,1% en 2050 ! On notera avec les rédacteurs de l'étude qu'entre 2030 et 2050, la croissance de la population du continent africain ainsi que de sa population active faiblira quelque peu mais restera assez élevée comparativement à d'autres régions du monde. Le rythme de cette croissance ne sera naturellement pas le même en Afrique subsaharienne et en Afrique du Nord, les deux zones étant à des stades différents de leur transition démographique.
En Europe la baisse de la population active induira des besoins grandissants en main-d'œuvre immigrée.
Politiques d'immigration
Les évolutions démographiques mondiales posent le problème de l'orientation et de l'origine des flux migratoires dans les décennies à venir. L'étude d'interroge sur la validité des projections onusiennes selon lesquels ces flux auraient pour origine l'Asie (1,2 million de personnes par an), l'Amérique du Sud (0,6 million) et l'Afrique (0,4 million) : « La croissance [...] de la population en âge de travailler des pays d'Afrique (hors pays d'Afrique australe affectés par le SIDA) [...], conjuguée à l'impact du réchauffement climatique et, corrélativement, aux difficultés d'approvisionnement en eau, amène à s'interroger sur la plausibilité des hypothèses faites en termes de migration (poursuite des tendances récentes et prise en compte de l'orientation actuelle des politiques d'immigration). »
YASSIN TEMLALI
Population en âge de travailler (15-64 ans)
Évolution de la population par tranches d’âge
10:13 Publié dans Décryptage Nord-Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, les afriques, population, natalité, démographie
vendredi, 28 août 2009
Gabon, élection du 30 Août
Election inédite au Gabon après le règne d'Omar Bongo
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/27/election-inedite-au-gabon-apres-le-regne-d-omar-bongo-par-philippe-bernard_1232442_3212.html
Pour la première fois de leur histoire, les électeurs gabonais devraient pouvoir désigner, dimanche 30 août, le président de la République de leur choix. Moins de trois mois après la mort d'Omar Bongo, qui régna sans partage pendant quarante-deux ans avec la bénédiction de la France, les 800 000 électeurs de ce petit pays pétrolier iront aux urnes pour choisir son successeur parmi pas moins de 23 candidats, dont 3 femmes.
Habitués à une série de plébiscites orchestrés par le pouvoir, parfois au prix d'une fraude manifeste, ils avaient fini par déserter les scrutins.
La ruée sur les listes électorales observée à la mi-juillet, pendant leur courte réouverture, a confirmé l'engouement pour cette élection présidentielle. "Avant, on payait les gens pour qu'ils aillent se faire inscrire. Cette fois, les gens se sont levés spontanément, remarque Dieudonné Minlama Mintogo, de l'Observatoire de la démocratie, une association qui se veut l'expression de la société civile. Depuis la mort de Bongo, ils se disent que c'est le moment de se réveiller."
Cette fois en effet, il s'agit non pas de renouveler le sempiternel mandat d'Omar Bongo, mais de lui trouver un successeur et, au-delà, de répondre à la question : une élection libre est-elle possible au Gabon ? Le "système Bongo" continuera-t-il de contrôler les richesses du pays (pétrole, bois, manganèse) et la répartition des revenus qu'elles procurent ? La France, présente notamment avec le groupe pétrolier Total, restera-t-elle neutre ? Autant de questions qui taraudent les Gabonais.
Le vote de dimanche, ouvert comme aucun ne le fut, est d'autant plus crucial que l'élection, à un seul tour, autorise la victoire d'un candidat avec un faible score.
Il est encore renforcé par la tournure prise par une campagne électorale où Ali Ben Bongo, 41 ans, le fils du président disparu, apparaît en majesté, seul contre tous, disposant de leviers politiques et de moyens financiers sans commune mesure avec ses adversaires. Ses affiches dominent largement la campagne et il est le seul à sillonner le Gabon en hélicoptère, avantage décisif dans un pays largement dénué de routes. Il contrôle une chaîne de télévision privée - Télé Africa - tout comme son ancien ami aujourd'hui adversaire, André Mba Obame, avec TV+.
Si les candidats sont nombreux, les véritables opposants sont rares. Parmi les deux principaux concurrents d'Ali Ben Bongo figurent deux anciens premiers ministres de son père (Casimir Oyé Mba et Jean Eyéghe Ndong) et plusieurs de ses anciens ministres : Zacharie Myboto, Paul Mba Abessole, et surtout André Mba Obame, ministre de l'intérieur jusqu'en juillet, longtemps présenté comme le "frère" d'Ali Bongo en politique.
Seul Pierre Mamboundou, qui se pose en "alternative à un système néocolonial défaillant et antidémocratique fondé sur la corruption de prédateurs", présente un itinéraire d'opposant opiniâtre, encore qu'il ait esquissé sur le tard un rapprochement avec Omar Bongo. Quant à Bruno Ben Moubamba, militant contre les "biens mal acquis" et nouveau venu sur la scène politique, il poursuit une grève de la faim à Libreville depuis le 15 août pour dénoncer "un coup d'Etat électoral".
Ecoles, hôpitaux, routes, allocations familiales : les candidats rivalisent pour jurer qu'ils réaliseront les promesses jamais tenues en quatre décennies de régime Bongo. Ali Bongo a choisi trois axes : "paix, partage développement". "Fini avec le favoritisme, fini avec les postes réservés aux parents ! Place au mérite, place à ceux qui travaillent !", s'est-il exclamé lors d'un récent meeting, en promettant de "punir les corrupteurs et les corrompus", comme l'avait fait son père en décembre 2007, lorsqu'il avait dénoncé "l'enrichissement illicite" comme principale cause du retard du Gabon.
MANQUE DE TRANSPARENCE
Si l'ambiance générale est celle d'une campagne électorale populaire animée et sans trop de violence, les apparences sont trompeuses, dans un pays pauvre où il suffit de distribuer quelques billets de banque et des T-shirts pour remplir un meeting.
D'autres éléments reflètent un manque de transparence et des irrégularités, alimentant des tensions qui pourraient s'aggraver d'ici au vote et surtout après la proclamation des résultats.
Les adversaires du fils Bongo se retrouvent pour dénoncer les "trucages flagrants" dans la constitution du corps électoral. Ils soulignent l'étrangeté, pour un pays jeune de 1,3 million d'habitants, étrangers compris, de compter plus de 800 000 électeurs. "Tous les candidats qui ont appartenu au gouvernement disposent d'un énorme avantage : ils avaient mis à profit les législatives de 2006 pour battre le rappel de leurs partisans et les inscrire sur les listes électorales", indique un responsable politique. De nombreux Gabonais admettent qu'ils sont inscrits "à la fois au village et en ville".
Le ministre de l'intérieur lui-même a reconnu l'existence de 120 000 "doublons". L'argument de la fraude nourrit le slogan de l'opposition selon lequel Ali Bongo, impopulaire, "ne peut pas se faire élire à la régulière", comme l'a répété Casimir Oye Mba, mercredi sur Radio France Internationale (RFI).
Anticipant implicitement l'annonce d'une victoire de M. Bongo, ses adversaires agitent la menace de manifestations dans cette hypothèse. "Nous saurons défendre notre victoire, y compris dans la rue", prévient Paul Mba Abessole, tandis que Pierre Mamboundou estime que "toutes les conditions de la contestation des résultats sont réunies".
L'avocat Robert Bourgi, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy et chaud partisan de son client Ali Bongo, dont la victoire à ses yeux ne fait aucun doute, pronostique aussi dans tous les cas de figure "des violences contre les Français et leurs intérêts".
Officiellement, cette stratégie de la tension n'inquiète pas l'Elysée. "Depuis la mort d'Omar Bongo, tous les Cassandre se sont trompés, souligne-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. La campagne se passe dans un bon climat et la France observe une stricte neutralité." L'effectif des soldats de la base française de Libreville, prend-on le soin de préciser, n'a pas été renforcé.
Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 28.08.09.
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jeudi, 30 juillet 2009
Patriotisme iconoclaste
Comment le capitalisme d’Etat empêche l’économie ivoirienne de décoller
http://www.afrik.com/article17236.html
A côté de la tenue des élections tant attendues, un autre sujet pourrait être considéré comme un point d’inquiétude en Côte d’Ivoire : celui de l’avenir de l’économie ivoirienne. Considéré encore aujourd’hui comme le pays moteur de l’économie de la « sous-région ouest-africaine francophone », la Côte d’Ivoire est pourtant un pays dont les performances et la situation économique laissent à désirer malgré ses énormes potentialités. Pour quelles raisons son décollage économique tarde-t-il à venir ? Dans cet article, Abel N’djmomon, doctorant chercheur à la Faculté d’Économie Appliquée à Aix-en-Provence, nous propose des éléments de réponse afin de mieux comprendre les raisons de blocage de l’économie ivoirienne.
Auteur : Abel N’djmomon
Considéré encore aujourd’hui comme le pays moteur de l’économie de la « sous-région ouest-africaine francophone », la Côte d’Ivoire est pourtant un pays dont les performances et la situation économique laissent à désirer malgré ses énormes potentialités. Pour quelles raisons son décollage économique tarde-t-il à venir ?
Une conception erronée de la justice sociale
L’une des origines majeures de cette situation provient du choix des dirigeants de la Côte d’Ivoire indépendante (août 1960) pour un soi-disant « capitalisme d’Etat ». Nombreux étaient les analystes économiques qui avaient cru que ce prétendu « modèle économique ivoirien » basé sur les cultures d’exportation (dont le cacao et le café) et l’omniprésence de l’Etat dans les secteurs d’activité lui ouvrirait les portes du développement économique.
Si depuis près d’une décennie, les indicateurs de la croissance économique ivoirienne ne sont pas globalement négatifs (taux de croissance moyen du PIB de 0,7% entre 1996 et 2006, et de 1,6% en 2007), le niveau de vie de la population est quant à lui très préoccupant ; selon le Document de Stratégie de Relance Economique et de Réduction de la Pauvreté (DSRP) du gouvernement ivoirien publié en Janvier 2009, 48,9% de la population ivoirienne était estimée pauvre en 2008. La crise politico-militaire (la plus grave que le pays ait jamais connue) déclenchée ouvertement le 19 septembre 2002 aurait accentué cette baisse du niveau de bien-être de la population en général. La « justice sociale » qui avait été évoquée et continue d’être évoquée pour justifier le capitalisme d’Etat ivoirien (sous ses différentes formes) est loin d’être une réalité en Côte d’Ivoire comme le notifie le DSRP.
Les choix politiques et économiques des dirigeants ivoiriens relèvent d’un « héritage colonial » dont ces derniers semblent (quoiqu’ils en disent) ne pas vouloir se défaire puisqu’il leur est avantageux. La vie socio-économique en Côte d’Ivoire est donc restée fortement politisée. La production de services publics pour lutter contre les inégalités a souvent servi de tremplin pour justifier cette emprise du politique sur l’économique en Côte d’Ivoire. Ce système permet à ceux qui détiennent le pouvoir d’user plus facilement des « caisses publiques » avec beaucoup de laxisme, à leur profit et à celui de leurs « supporters politiques ». Comme le reconnaît le DSRP (n° 164), le suivi d’évaluation n’est pas encore ancré dans les modes de gestion des affaires publiques, ce qui constitue donc une porte ouverte pour l’enrichissement illicite et une corruption à grande échelle.
Normalisation du comportement de recherche de rente
Depuis la mort du premier président ivoirien (en 1993) qui avait su assurer la protection de son pouvoir, aucun autre dirigeant ivoirien n’ayant eu cette capacité et ses moyens, les luttes pour la conquête du pouvoir en Côte d’Ivoire sont très engagées, voire très violentes. La crise politico-militaire actuelle peut s’expliquer en partie par cette logique de la lutte pour le pouvoir. Les enjeux de partage du pouvoir, des postes ministériels, et le pouvoir de nomination à des postes administratifs, la direction de certains établissements publics ou parapublics, etc. sont importants dans l’ « arène politique ivoirienne ».
L’activité économique en Côte d’Ivoire repose largement sur ceux qui détiennent l’appareil étatique. L’environnement économique ivoirien s’avère ainsi surtout favorable à ceux qui savent le plus profiter de leurs soutiens politiques, administratifs ou militaires pour tirer des rentes dans les activités où ils s’engagent. Ainsi, nombreux sont ceux qui au sein de la population, s’ils le peuvent, engagent toute leur énergie et leur talent dans la vie politique, administrative et militaire au détriment de la vie économique à proprement parler. L’État est encore perçu comme le meilleur employeur ; celui qui permet le moins de prise de risque et peut donner plus d’opportunité pour la captation de rentes potentielles ; ses concours administratifs sont alors prisés et font l’objet d’un certain « marchandage ».
Dégradation de l’environnement institutionnel
La politisation généralisée de la vie des gens a augmenté les avantages liés à l’exercice même du pouvoir politique, administratif et militaire, et a entraîné ainsi l’élévation de l’enjeu des luttes pour s’emparer de ce pouvoir.
Le capitalisme d’Etat ivoirien a donc « pollué » l’environnement socio-économique en Côte d’Ivoire. Des indices de la Banque Mondiale sur « Doing Business » (rapport de 2009) montrent que la Côte d’Ivoire est loin d’être performante en matière d’environnement des affaires. L’économie ivoirienne occuperait la 161ème place sur 184 économies étudiées. Les procédures relatives aux affaires sont lourdes ; conséquences de la logique bureaucratique de l’administration et de la corruption. L’acquisition, le transfert et la protection de la propriété privée sont très difficiles. En outre, sans assurance pour l’exécution des contrats, une sécurisation plus importante des investissements, moins d’entraves à la libre circulation des individus et des biens, etc., l’environnement des affaires restera moins incitatif pour les acteurs économiques formels.
Un processus de développement économique qui se veut viable ne peut être mené sans une importante assise entrepreneuriale, ce qui nécessite en plus d’une bonne base juridique, le moins d’ingérence possible du politique dans l’économique. Il en va du développement d’une culture d’entrepreneuriat au sein de la population. Une société civile de confiance (pas à la solde de partis ou d’hommes politiques) peut contribuer de façon efficiente à l’amélioration du climat sociopolitique et à l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire. Elle a un rôle primordial d’éducatrice et de formatrice à jouer pour réduire ces pesanteurs causées par le capitalisme d’Etat ivoirien.
Abel N’djomon est doctorant chercheur à la Faculté d’Économie Appliquée à Aix-en-Provence.
Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
21:15 Publié dans Décryptage Nord-Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, économie, développement, crise ivoirienne
lundi, 27 juillet 2009
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21:16 Publié dans Spirit of Africa | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : terra nova, assinie france, natural tigba, culture, 2009, abidjan, art, tourisme, durable















