vendredi, 16 mai 2008
natural tiba
Nous en avions parlés et c'est désormais chose faite : Natural Tiba est né.
Le projet d'écovillage "Natural Tiba" auquel notre Terra Nova de Webzine s'est associé, a démarré avec l'acquisition d'une
concession de 3500m² de terrain au bord du littoral de l'Est Ivoirien à quelques dizaines de kilomètres du Ghana en face d'Assinie-mafia dans le lieu-dit d'Assinie Quartier France.
En attendant la phase I du projet qui prévoit une première ouverture d'une maison d'hôte en octobre 2008, le site est déjà accessible en version "week-end chantier". Une idée sympathique qui repose sur un principe d'échange : moyennant une somme modique (15€) et un repas de votre fabrication, vous pouvez accèder au site et venir donner un coup de main pour défricher ou participer aux travaux et profiter de l'océan et du soleil dans un endroit reposant et riche en énergies.
Une équipe animée par "Théo" petit fils de roi vous y attend (si si un baoulé walebo de sakassou descendant direct de la reine Pokou qui a bravé l'eau et à traversé la passe d'Assinie pour venir en terre Apollo!). Bienvenue/Akwaba.
Une ambiance conviviale dans un paysage de rêve entre lagune et océan. Les photos parlent d'elles-même. Dans le sac à projet bientôt un blog accessible qui permettra non seulement de suivre l'évolution du projet mais surtout d'apprendre et découvir son evironnement et les échanges autour de thématiques sociales, sociétale et culturelles.
Un album photo est également crée sur Terra Nova.
A terme l'expérience devrait voir la création d'une société d'économie solidaire favorisant une passerelle entre Europe et la Côte d'Ivoire en matière d'écotourisme et de commerce équitable.
Un écovillage c'est quoi ! La perspective est l'autosuffisance en redonnant une place à l'harmonie avec son environnement dans un respect des écosystèmes présents. Le principe de base est de ne pas prendre à la terre plus que ce qu'on peut lui retourner. La nature et la culture cohabitent et le respect de la faune, de la flore, et de l'être humain sont au coeur de la vie en écovillage.

Natural Tiba (quartier nature) proposera maison d'hôte et des constructions écologiques (ecolodge) une production potagère, un centre de ressources, un espace de détente, des activités balnéaires et sportives, un espace d'accueil résidentiel, ou encore des ateliers artistiques. L'objectif est de créer, un mode de vie convivial et naturel et confortable, avec une empreinte écologique minimale.
Le projet vise trois publics ; les particuliers, les associations et ONG, les entreprises (groupe et séminaires & incentive).
Le maki "Chez Théo" devrait voir le jour d'ici juin 2008.
A partir de septembre Natural Tiba pourra acceuillir 10 hôtes durant la nuit en chambres ventilées.
Fidèle au modèle de l'écovillage natural tiba tentera le plus possible d'intégrer l'habitat humain dans l'écosystème naturel et le modèle est déjà appliqué dans plusieurs pays et qui met l'emphase sur :
- Maintenir la biodiversité
- Protéger et restaurer les habitats naturels
- Développer un modèle d'agriculture et de gestion forestière
- Utiliser de façon efficace l'énergie, l'eau et les matériaux
- Promouvoir un mode de vie écologique basé sur le développement durable
- Valoriser une meilleure utilisation des ressources naturelles par la réduction, la récupération et la réutilisation
- Pour l'humain
- Fournir une meilleure qualité de vie basée sur la satisfaction des besoins fondamentaux
- Créer un environnement propice à l'épanouissement intellectuel, affectif, et spirituel
- Procurer un sentiment d'appartenance et de sécurité favorisant une participation active à l'effort collectif
- Diminuer la charge de travail individuel
- Réduire les dépenses, accordant à l'individu plus de temps pour ses loisirs et ses rapports sociaux
- Améliorer la santé physique et mentale grâce à un mode de vie sain
- Participer activement à la vie sociale et économique de la communauté
- Pour la communauté
- Stimuler l'économie rurale
- Développer la vie culturelle
- Permettre la recherche et le développement sur les collectivités viables sous la forme d'un modèle nouveau.
Le Natural Tiba Project nécessite le recours à des ressources diverses et privilégie la réutilisation de matériel et la récupération d'équipement de seconde main. Alors ne jettez plus, donnez !
Les besoins sont nombreux et les priorités immédiates conscernent du bois, un moteur de 15 chevaux, une batterie de cusine, de l'outillage, un véhicule utilitaire, du ciment, du câblage électrique, des bâches, des cordes etc..!
Parlez en autour de vous et rejoignez l'aventure !
07:00 Publié dans Spirit of Africa | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 15 mai 2008
Sans options !
Nous tenons à vous présenter le site Le moteur de recherche d'emploi http://www.optioncarriere.com ,
dispose désormais de 400 000 offres provenant de plus de 300 sites. Ce moteur permet une recherche globale, rapide sur une sélection de sites d'emploi et vous redirige directement vers le ou les sites vous offrant les meilleures opportunités. Alors vous connaissez la suite...
21:05 Publié dans MédiaTIC | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
affamés de paix
La Côte d'Ivoire repue entend-elle le bruit du monde qui, à nos portes et sous nos pieds, meurt de faim ? Les « émeutes de la faim » qui ont ensanglanté Abidjan, Dakar, Ouaga, Haïti, Bamako, le Caire, Phnom Penh… sont-elles vraiment perçues par nos élites politiques locales comme ce qu'elles sont : c'est-à-dire de sérieux facteurs d'instabilité politique et sociale ? Ce pays au bord de l'explosion peut-il se payer le luxe de flirter avec de nouveaux conflits ? Les populations marquées au fer rouge de six ans de désespoir, gravement sous-alimentée, mal soignées, sombrant de plus en plus dans l'illettrisme, sont tenus en respect par des seigneurs et seigneuresses, hobereaux de la tchatche, imprécateurs volcaniques qui parcourent le pays, pour y semer plus que de raison, l'ivraie de la violence. Quand on est première dame, ou universitaire, ou dirigeant de parti, on doit savoir. On doit savoir qu'en Côte d'Ivoire, aujourd'hui, il n'existe qu'un médecin pour 9.908 habitants, un infirmier pour 2.416 habitants, une sage-femme pour 2.118 femmes en âge de procréation. On doit savoir que l'indice de pauvreté humaine en Côte d'Ivoire atteint 40,3%, et que, de ce fait, le pays est classé au 92è rang sur 108 pays en développement. On doit savoir que dans les hôpitaux publics, le nombre de malades s'est accru, et que la barre des 200.000 consultations a été franchie en 2007 ; que le taux de taux de morbidité se situe autour de 50 à 60%. Selon les chiffres de la Direction générale de l'Economie sous tutelle du Ministère de l'économie et des finances, l'espérance de vie des Ivoiriens qui était proche de 60 ans dans les bonnes années, c'est-à-dire 4 ans seulement de moins que la France en 1970, n'est aujourd'hui que de 49 ans, dont 46 ans pour les hommes et 51 ans pour les femmes. Toujours selon la Direction générale de l'Economie, 7% de la population ivoirienne est infectée par le virus du Sida, ce qui occasionne près de 47.000 décès par an. La population ivoirienne sait qu'elle a le choix : mourir de faim ou mourir de maladie. Quel autre choix lui reste-il donc quand les horizons sont bouchés ? Que doit-elle penser de ses dirigeants quand elle découvre que, selon la Banque de France, le seul produit d'exportation de la Côte d'ivoire qui a réellement connu une hausse c'est…le pétrole. «L'activité pétrolière s'est révélée très dynamique, avec une production de 21,9 millions de barils soit une hausse de 50,5 %. Cette hausse résulte de la montée en puissance du champ de pétrole « BAOBAB » depuis sa mise en exploitation en août 2005» écrit la vénérable institution, sur son site internet.
D'un côté, « 70% de nos compatriote ne prennent qu'un seul repas par jour » (Mamadou Koulibaly). De l'autre, 30% vivent des recettes de 21,9 millions de barils de pétrole. A 127 dollars le baril.
On danse au bord d'un volcan, qui peut entrer en éruption à tout moment. Il faut s'éloigner de la géhenne. Il faut sortir de la fascination de l'imprécation, cette ivresse que l'on a lorsqu'on se retrouve devant des foules, agglutinées plus par l'hypnose exercée par des billets de banque espérés que réellement par le fond de ténébreux discours au timbre messianique. Dans nos contrées, Dieu porte d'abord un nom : le sac de riz. On va vers une très longue période d'émeutes, de conflits, des vagues de déstabilisation incontrôlable si l'Etat ou tout ce qui l'incarne ou s'y apparente (président, premier ministre, ministres, députés, chefs politiques…) s'avère incapables d'apporter une réponse immédiate et satisfaisante posée par la question de la faim. Car, il faut le savoir, en un an, le prix du blé a augmenté de 130%, le prix du riz de 74%, le prix du soja de 87%, et celui du maïs de 53%. Ne nous leurrons pas : la tendance ne s'améliorera pas. Du moins pas avant longtemps. La Birmanie, l'un des greniers alimentaires du monde a été dévasté par le cyclone Nargis et ses rizières totalement dévastées. Cela ne sera pas sans conséquence sur la consommation mondiale du riz. Pour que le prix du riz baisse il faudrait un dosage exceptionnel de facteurs conciliants : de bonnes conditions climatiques, la levée des restrictions à l'exportation imposées par certains pays grands producteurs de riz comme, la baisse des prix des engrais, des pesticides et du pétrole. Or, il y a quarante-huit heures, le prix du baril atteignait les 127 dollars à la bourse de New York ! «Le pétrole était à 27 dollars le baril quand j'arrivais au pouvoir en octobre 2000 ; il est passé à 105 dollars le baril aujourd'hui » se justifiait Gbagbo Laurent, le 2 mai pour tenter d'expliquer aux désespérés de la faim, qu'il ne pouvait rien leur promettre. A 105 dollars, il y a eu deux morts dans des manifestations à Abidjan. Combien à 127 dollars ? Combien de régimes réputés stables, indéracinables, n'ont-ils pas été emportés comme fétu de paille par des foules affamées, assoiffées, quêtant le pain et associant au Prince l'image de leur détresse ? On veut du riz. Et la paix. Au moment où la Côte d'Ivoire entame son assomption, au moment où le bout du tunnel n'est plus loin, on s'étonne que Laurent Gbagbo laisse percer de son camp des appels qui, s'ils ne sont destructeurs, sont véritablement autodestructeurs. Quelle confiance en effet peut-on avoir en un chef, Laurent Gbagbo, apparemment résolument engagé dans le processus de sortie de crise au côté du Premier ministre, alors que ses collaborateurs les plus proches et la plus intime, se lancent dans une campagne de sabotage systématique des efforts de conciliation et s'acharnent à éteindre le seul tison qui, encore, éclaire notre espoir de retrouver la dignité et la prospérité ? Qui perdra le plus dans une crise généralisée ? Ceux qui seront du côté du baril de pétrole ou ceux qui feront face aux agents du Cecos ? Probablement ni l'un ni l'autre. En général, c'est un troisième larron, d'habitude issu de la famille kaki, qui s'empare de maître Aliboron et s'approprie le riz et le baril de pétrole.
Touré Moussa - Editorial Nord Sud - Abidjan - 15 mai 2008
NB : le titre est de la rédaction
20:58 Publié dans Décryptage Nord-Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 16 avril 2008
Affaires de boycott
Venance Konan écrit à Enrico Macias (en concert à Abidjan) : “Je demande aux démocrates et à tous ceux qui respectent les droits de l’homme de boycotter tes concerts”
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Mon cher Enrico Macias,
Comme tous ceux de ma génération, tu fus mon idole. Qui a oublié l'immortel " Enfants de tous pays ", cet hymne à la paix et à l'amour que nous fredonnions lorsque nous étions jeunes ? Qui a oublié ton combat pour la paix dans le monde qui t'a valu le titre d'ambassadeur de la paix de l'ONU ? Tu viens dans notre pays et nous devrions tous en être heureux. Surtout que notre pays est en quête de paix depuis de trop longues années. Compte tenu de ta renommée et de ta stature, je suppose que nos autorités te recevront à bras ouverts et, j'en suis même persuadé, elles te décoreront. Le passe-temps favori de notre chef d'Etat est de décorer ses visiteurs. Mais compte tenu de l'admiration que je te voue, je crois qu'il est honnête de ma part de t'expliquer où tu vas mettre les pieds. Notre pays, qui vivait en paix depuis son indépendance est divisé en deux depuis plus de cinq ans par une rébellion armée. Lorsque cette rébellion éclata, les bidonvilles habités par les plus pauvres d'entre nous furent détruits, sous prétexte que des assaillants auraient attaqué un camp militaire à partir d'un bidonville. Des milliers de personnes se retrouvèrent ainsi sans toit. D'autres milliers de personnes, des Burkinabé et des Maliens principalement, furent expulsées du pays après avoir été dépouillées de tout et plusieurs d'entre eux furent même tués. Puis des escadrons de la mort se mirent à assassiner des dizaines de personnes dans la zone contrôlée par le gouvernement, et des proches du chef de l'Etat furent accusés d'en être les instigateurs. Aucune enquête sérieuse n'a pu établir les responsabilités. Mais c'est lorsque certaines voix se mirent à menacer le chef de l'Etat de le traduire devant le Tribunal Pénal International que les meurtres s'arrêtèrent comme par enchantement. Mais les assassins courent toujours. On n'a jamais cherché à les connaître.
Un accord de paix fut signé en France, à Linas Marcoussis entre tous les partis politiques ivoiriens. Le chef de notre Etat l'entérina à Kléber devant le monde entier et accepta même un partage du pouvoir avec la rébellion. Mais de retour au pays, il dénonça cet accord comme étant un médicament amer qu'il avalait en grimaçant. Ses partisans s'en prirent aux Français, en lançant le slogan " A chacun son Français ". On se mit à pourchasser les Français et le Centre culturel français fut incendié. Le Français et homme de culture que tu es appréciera.
A la fin de 2003, le journaliste français Jean Hélène de RFI fut assassiné par un policier. Un comité de soutien composé des inconditionnels du chef de l'Etat fut créé. Ce policier fut condamné à la prison, mais l'année suivante, il reçut une promotion tout en étant en prison. Je ne peux pas te garantir qu'il est toujours en prison. Beaucoup de personnes me disent qu'il est en liberté. Un autre journaliste franco-canadien, Guy André Kieffer a été enlevé depuis quatre ans et personne ne sait s'il est encore en vie. Des proches du chef de l'Etat sont accusés d'être à la base de cet enlèvement et l'enquête menée par des juges français piétine.
En 2004, comme les choses traînaient, les partis d'opposition décidèrent d'organiser une marche pour exiger l'application de l'accord de Linas Marcoussis. Le chef de l'Etat interdit cette manifestation et mobilisa la police, la gendarmerie, et même l'armée. Le 25 mars, jour de la manifestation, toute la ville d'Abidjan fut en état de siège et quadrillée par les forces de l'ordre. Personne ne pouvait mettre les pieds dehors. Et pourtant, des forces dites parallèles entrèrent dans les domiciles et tuèrent les habitants. Le soir, à la télévision, le chef de l'Etat félicita ses forces de l'ordre. Les tueries se poursuivirent les 26 et 27 mars. Pour se protéger un tant soit peu, les habitants de certains quartiers tels qu'Abobo furent contraints de dormir dehors, en organisant des tours de garde avec des personnes qui, avec des casseroles, faisaient un grand bruit qui réveillait tout le quartier lorsque les forces de l'ordre approchaient. L'ONU mena une enquête et parla de massacre. Elle dénombra plus de cent tués pendant que l'opposition parlait de plus de trois cents victimes. Jusqu'à ce jour, aucune sanction n'a été prise contre les auteurs de ce massacre que l'on n'a même pas recherchés. En novembre 2004, le chef de l'Etat décida de reconquérir les régions contrôlées par la rébellion par la force. Il fit donc bombarder les villes de Bouaké, Korhogo et Vavoua, tuant des dizaines d'Ivoiriens innocents. On n'a plus jamais parlé de ces victimes. Une bombe tomba sur un camp militaire français et l'armée de ton pays détruisit les avions de notre armée. Les partisans du chef de l'Etat descendirent dans les rues et chassèrent 8000 français, en détruisant au passage des écoles et l'essentiel des infrastructures économiques du pays. L'eau et l'électricité furent coupées par le chef de l'Etat dans les zones nord du pays pendant plusieurs semaines. Il existe dans notre pays une organisation qui s'appelle la FECSI. C'est l'organisation estudiantine qui soutient le chef de l'Etat. Elle a totalement saccagé l'université et assassine régulièrement ceux des étudiants qui s'opposent à elle, en toute impunité. L'une de leurs victimes s'appelle Habib Dodo, dont tout le monde connaît les assassins, mais qui n'ont jamais été inquiétés. Je ne te parlerai pas des morts du charnier de Yopougon, du carrefour de la RTI, d'Anyama, d'Agboville, de ceux qui sont régulièrement tués par la police, par les miliciens. Renseigne-toi et tu apprendras que jamais le sang n'a autant coulé dans ce pays que depuis l'avènement de ce régime. Et jamais le pays n'a baigné dans une telle impunité.
En 2006, un bateau vint déverser des déchets toxiques à Abidjan. Seize personnes moururent après avoir inhalé l'odeur de ces déchets. Des milliers d'autres personnes furent plus ou moins gravement atteintes. Aucune sanction n'a été prise contre qui que se soit. La société qui fut à l'origine de cette catastrophe humanitaire a payé cent milliards de francs au gouvernement. Les victimes en ont touché à peine 1%. Le reste est allé on ne sait où. Et les sites pollués le sont toujours. Je ne te parlerai pas des cas de corruption régulièrement dénoncés sans qu'aucune sanction ne soit prise, de l'argent du pétrole dont seul le chef de l'Etat connaît l'utilisation. Le président de l'Assemblée nationale a déclaré que plus de 70% des Ivoiriens font un seul repas par jour. Les étudiants qui sortent de l'université n'ont pas d'autre choix que de gérer des cabines téléphoniques sur les trottoirs ou, pour les filles, de se prostituer. Les paysans meurent de faim dans les campagnes et n'ont même pas de quoi soigner le plus banal des maux de tête. Cette pauvreté a donné naissance à une nouvelle race d'escrocs appelés tradipraticiens, ou pasteurs, ou prophètes. Cela n'empêche pas le chef de l'Etat de construire des immenses palais en ce moment même à Yamoussoukro. Il te les fera certainement visiter. C'est sa grande fierté. Tu verras alors que le premier président de ce pays avait déjà construit d'autres immenses palais qui sont laissés à l'abandon. Tu verras les voitures de luxe que se sont offertes les proches du chef de l'Etat, et l'état de nos routes complètement dégradées. Un proche du chef de l'Etat s'est même offert une Mercedes Maybach à 500 millions de francs. Tu verras que toutes les infrastructures de ce pays sont en ruine, que les enfants que tu aimes tant s'entassent dans les salles de classes par quatre sur des tables bancs prévus pour deux et sont obligés de se coucher par terre pour écrire. Si tu visites un de nos centres de santé, tu verras aussi les malades laissés à l'abandon, à même le sol. Un jeune homme du nom d'Assalé Tiémoko Antoine qui a dénoncé la corruption dans ce pays croupit en ce moment en prison. Il y a une dizaine de jours, le chef de l'Etat a envoyé Jack Lang qui était venu le soutenir danser dans un endroit où des gamines de 12 à 13 ans se prostituent. Le lendemain, les populations sont descendues dans les rues pour protester contre la vie chère. La police a tiré et deux personnes ont été tuées. Le même jour, le chef de l'Etat a parlé à la télévision. Il n'a pas eu un seul mot de compassion pour les victimes.
Les élections auraient dû se tenir depuis 2005. Mais le chef de l'Etat utilise tous les moyens pour les retarder. Nous sommes en 2008 et il n'y aura pas d'élection. Le premier ministre actuel que le chef de l'Etat a choisi et qui est devenu son complice dans le pillage du pays a fait enfermer des dizaines d'hommes dans un container exposé au soleil jusqu'à ce qu'ils meurent. Son homme de main qui a exécuté cet ordre est toujours en poste à Korhogo dont il est le tout-puissant maître. Il a été sanctionné par l'ONU dont tu es l'ambassadeur de la paix. Deux autres proches du chef de l'Etat, Blé Goudé et Djué Eugène sont aussi sous le coup de sanctions de l'ONU à cause des exactions qu'ils ont commises. Mais ils sont toujours les protégés du chef de l'Etat. Surtout Blé Goudé. Dans ce pays, ceux qui ont pillé, tué et violé des femmes sont des vedettes que l'on montre à la télévision comme des modèles à suivre. Demande que l'on te parle d'un certain Wattao.
Mon cher Enrico, voici brièvement présenté le pays où tu viens te produire. Si tu veux cautionner un tel régime, tu es libre de le faire. Mais nous en informerons le monde entier, et plus particulièrement ton public français. Nous, Ivoiriens, pensons que les défenseurs des droits de l'homme comme toi devraient être aux côtés des peuples qui sont martyrisés par leurs gouvernements. Nous pensons que le sang des Ivoiriens n'est pas moins précieux que celui des Tibétains pour qui tout l'occident est mobilisé en ce moment. En attendant, je demande à tous ceux qui soutiennent la démocratie et le respect des droits de l'homme dans ce pays de boycotter tes concerts qui sont placés sous le patronage du chef de l'Etat si tu t'acoquines avec lui et si tu ne le dénonces pas clairement. Il faut qu'à partir de maintenant, tous ceux qui veulent que ce régime sanguinaire et kleptomane prenne fin apprennent à boycotter tout ce qui est placé sous le patronage du chef de l'Etat et à dénoncer vigoureusement tous ceux qui viennent lui apporter leur caution. On ne tuera personne dans sa maison parce qu'il n'aurait pas été à un concert ou à une quelconque manifestation patronée par Laurent Gbagbo.
Venance Konan écrivain, journaliste indépendant
Email venancekonan@yahoo.fr
mercredi 16 avril 2008 - Par Le Nouveau Réveil
Nb : le titre est de la rédaction
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lundi, 07 avril 2008
The King
Cette semaine, McCain a dit à la presse qu'il avait "appris que cet homme (ndlr, King) - MEMPHIS, 4 avril - Quarante ans après son assassinat, Martin Luther King inspire toujours la vie politique américaine et John McCain comme Hillary Clinton ont fait le déplacement à Memphis pour tenter de s'attirer les voix de l'électorat noir qui semble acquis à Barack Obama.
C'est dans cette ville du Tennessee que le leader du mouvement des droits civiques fut assassiné le 4 avril 1968 au Lorraine Motel.
Pour McCain et Clinton, qui pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis doivent batailler contre un candidat métis ayant de réelles chances d'être élu à la Maison blanche, attirer une fraction de l'électorat afro-américain semble mission impossible.
Le candidat républicain et la sénatrice de New York, en lutte avec Obama pour l'investiture démocrate, se sont rendus à Memphis pour y prononcer des discours. Ils participeront également dans la soirée à une émission sur NBC centrée autour du rôle joué par le pasteur King dans le mouvement des années 1960 contre la ségrégation.
Obama était quant à lui à Fort Wayne, dans l'Indiana, où il a affirmé devant une assistance de 2.800 personnes que la politique américaine n'était pas à la hauteur du rêve formulé par Martin Luther King.
"Depuis longtemps, nous avons une politique qui n'est pas à la hauteur des défis auxquels nous faisons face", a-t-il dit. "Au lieu d'une politique qui soit à la hauteur de l'appel à l'unité du Dr. King, elle se sert de la race pour nous diviser.
"Alors que nous avons chacun un passé différent, nous partageons tous les mêmes espoirs envers l'avenir", a-t-il poursuivi, évoquant l'emploi, les soins médicaux, l'éducation et les retraites. "Ce sont des espoirs communs, des rêves modestes. Et ils sont au coeur de la lutte pour la liberté, la dignité et l'humanité que le Dr. King avait entreprise."
Auparavant, Obama avait assuré ne pas regretter de ne pas être à Memphis. "Je pense qu'il est important de faire passer, dans des endroits comme l'Indiana et le Dakota du Nord, le message que la tâche du Dr. King est inachevée", a-t-il déclaré.
Le sénateur de l'Illinois doit se rendre après son étape en Indiana à la convention démocrate du Dakota du Nord, tout comme Hillary Clinton.
PASSIF
Hillary Clinton, qui tente elle de devenir la première femme élue présidente des Etats-Unis, s'est retrouvée à plusieurs reprises accusée d'introduire la question raciale dans les primaires démocrates.
Avant la primaire de Caroline du Sud, en janvier, l'ancien président Bill Clinton, avait été taxé de dénigrement du rival de son épouse en qualifiant de "conte de fée" l'opposition d'Obama à la guerre en Irak.
Geraldine Ferraro, une des conseillères de la sénatrice, a dû quant à elle démissionner le mois dernier après avoir expliqué que "si Obama était un blanc, il ne serait pas dans cette position".
McCain a lui aussi des progrès à faire auprès de l'électorat noir. En septembre dernier, le sénateur de l'Arizona a refusé de participer à un débat entre les candidats républicains consacré aux Noirs Américains. Et les démocrates ont opportunément rappelé qu'en 1983, alors élu à la Chambre des représentants, il avait voté contre l'instauration d'un jour férié au niveau fédéral en hommage à Martin Luther King.
Le texte avait été adopté par 338 voix contre 90 et le président Ronald Reagan, républicain, l'avait promulgué.
Cette semaine, McCain a dit à la presse qu'il avait "appris que cet homme (ndlr, King) était une figure transcendante de l'histoire américaine" et qu'il méritait les honneurs.
Le sénateur républicain devait prendre la parole devant la Southern Christian Leadership Conference dans un musée des droits civiques érigé à l'emplacement du Lorraine Motel où King fut assassiné.
A l'inverse, Obama s'est retrouvé lui sous le feu de la critique pour certains sermons du révérend Jeremiah Wright dans l'église de Chicago que fréquente le sénateur démocrate de l'Illinois.
Le pasteur Wright, qui n'officie plus, était un adepte d'une rhétorique incendiaire et un imprécateur inlassable du racisme de la société blanche américaine. "Que Dieu maudisse l'Amérique", a-t-il dit dans un de ces sermons.
Mais le discours sur les races qu'Obama a prononcé à Philadelphie en pleine controverse a été bien accueilli. Et l'entourage du jeune sénateur métis a contre-attaqué en suggérant que l'équipe de campagne de Clinton avait décidé de jouer la carte raciale contre Obama.
Le camp McCain s'est tenu lui à bonne distance de la controverse autour du pasteur Wright.
Par Steve Holland
Version française Henri-Pierre André
Nb : Le titre est de la rédaction.
09:07 Publié dans Décryptage Nord-Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













