mardi, 23 octobre 2007

Revue de presse ivoirienne

Petit résumé des épisodes précédents :

Le chef de l’état ivoirien s’est adressé le mercredi 17 Octobre 2007, à partir de 21H30 et durant prés de 1H30, aux ivoiriens à travers une interview radio-télévisée réalisé par les journalistes Brou pascal de la première Chaîne De la télévision ivoirienne et Jean-Claude Bayala de Radio Côte d’Ivoire.
Les questions ont tourné autour de sujets brûlants de l’heure, à savoir le processus électorale, les accusations de mauvaise gestion de la filière café/cacao, l’affaire des faux dollars, la succession de M. Konan Banny à la tête de la BCEA, la corruption généralisée, la disparition de André Kiefer, etc;

Quelques réactions de la presse ivoirienne.

Nouveau Réveil.
Réponse du Président Laurent Gbago aux questions portant sur les principaux thèmes et sujets de l’entretien
L`après flamme de la paix.
" La flamme de la paix a été un élément positif à tous les égards. Vous me connaissez, vous savez que je suis pressé d`aller aux élections.
Nous avons voulu faire à deux fois le redéploiement de l`administration. Il y avait un certain nombre de conditions qui n`étaient pas remplies. Nous sommes donc revenus à la base et le Premier ministre vient de faire, il n`y a pas longtemps, une réunion avec le corps préfectoral. Beaucoup de choses sont en place mais les préfets ont bravé pour leur localité.
Donc les choses vont bien, à mon avis. Je voudrais dire aux Ivoiriens que je suis pressé et que nous sommes tous pressés. Mais il y a un adage que j`aime beaucoup qui dit " doucement, doucement, nous sommes pressés ". Si on ne veut pas tout briser.

Le rôle de la communauté internationale.
A la communauté internationale, je leur ai dit ils ne doivent pas être plus pressés que nous. Parce que c`est ça qui se passe souvent dans les processus de paix des pays du tiers monde… J`en ai parlé avec Ban Ki-moon à New York. Il faut qu`ils nous accompagnent. Mais il ne faudrait pas qu`ils soient devant pour nous tirer. Ils nous ont tiré quatre ans, ça n`a donné aucun résultat. Nous sommes en train de sortir de la crise, il faut qu`ils nous accompagnent.

Redéploiement de l`administration et cohabitation avec les Forces nouvelles.
Qui a le pouvoir en Côte d`Ivoire ? Qui a le pouvoir ? Là où les préfets ont pris leur pouvoir, ils ont la totalité du pouvoir. Mais là où ils ont peur, ils ont la parcelle du pouvoir qu`on leur donne. Ils n`ont pas raison d`avoir peur. Puisque nous nous sommes engagés dans la voie de la négociation. Donc vous ne pouvez pas dire à un Ivoirien, tu n`es pas chez toi, quitte Séguéla ou quitte Bouna.

Les audiences foraines…
Les audiences foraines ne sont pas finies, elles ne sont pas faites pour accueillir de l`affluence. Les audiences foraines ne sont pas des cérémonies pour que tous les sans-papiers viennent prendre des papiers. Elles sont faites pour les gens nés en Côte d`Ivoire. Il faut n`avoir jamais été déclaré. Ceux qui ont déjà été enregistrés ne sont pas concernés. Moi, je n`ai plus de carte d`identité parce que la mienne est périmée mais je n`ai pas droit aux audiences foraines.

Les grèves sociales.
" (…) Je suis préparé à ça (…) S`il y a un chef d`Etat en Côte d`Ivoire qui ne peut pas empêcher les grèves, c`est moi. Je pense que les grèves doivent se faire de manière cohérente. Moi j`ai fait beaucoup de grèves, mais je n`ai jamais fait une grève de revendication salariale.

Train de vie au sommet de l`Etat.
" Le train de vie de l`Etat a diminué. D`abord, je n`engage plus de coût pour organiser des fêtes. Je suis sur ce point-là, celui qui dépense le moins. Je suis de tous les chefs d`Etat de la Côte d`Ivoire, celui qui a le plus petit budget de souveraineté : cinq milliards. Quand le Président Henri Konan Bédié a eu 15 milliards, certains ont crié. Mais les gens confondent souvent entre le budget de souveraineté et le budget de la présidence de la République. Parce que la présidence de la République est un service (…) Il y a le budget de la présidence qu`on contrôle et puis le budget de souveraineté qui est voté par le parlement mais qui n`est pas contrôlable. Je suis celui qui a le plus petit budget de souveraineté (…) Si j`apprends qu`un de mes collaborateurs a détourné l`argent et j`en ai les preuves, d`abord je le vire, il ne sera plus mon collaborateur. Mais, je le traduis devant les tribunaux. Si quelqu`un est coupable de vol, qu`on me le dise, qu`on me le prouve. Et je déposerai une plainte contre lui (…) ".

Disparition de Guy André Kieffer. "(...) Je ne peux pas être tenu pour coupable de la disparition de André Kieffer. Je dénonce vigoureusement et à haute voix la manière dont on a voulu associer la disparition de cet homme à ma famille. On a parlé de Légré Michel. Mais lui, n`avait plus de nom. Il devenait, chaque fois le beau-frère de Mme Gbagbo. C`est anormal et immoral à la fois de traiter un sujet de la sorte. Si Guy André Kieffer a disparu, on le recherche ensemble. C`est tout. Si on le retrouve, on le retrouve. Si on ne le retrouve pas on ne le retrouve pas.
Le pétrole.
" Il y en a qui croient qu`on est devenu aujourd`hui le Qatar ou le Koweït. Et qui pensent que le café et lecacao ne sont plus important pour la Côte d`Ivoire. Et que c`est le pétrole. (…) Les gens ont été surpris par le fait que nous tenons. (…) Nous ne sommes pas un grand pays producteur de pétrole. Nous produisons aujourd’hui 50 mille barils par jour. A titre de comparaison, le Nigeria produit 2,3 millions de barils par jour. L`Angola produit 1,5 million de barils par jour. La Guinée Equatoriale produit 300 mille barils par jour. Nous ne sommes même pas capables d`être membre de l`OPEP. Nous sommes un petit producteur. Les revenus de ce secteur-là nous rapportent pour 2006, 135 milliards. Donc, c`est le binôme café-cacao qui nous tient. Pour la même année 2006, le café-cacao, a rapporté à l`Etat 254 milliards.

Le Patriote.
Les élections.
Je n’ai jamais dit que les élections calamiteuses. Je dis plutôt dit que les élections se sont déroulée dans les des conditions calamiteuses.
(…). Les élections de 2000 étaient transparentes. Elles ont été les meilleures élections que moi, je n’ai jamais vues en Côte d’Ivoire. Et elles ont été tellement bien organisées que l’ONU a pris l’organisateur de ces élections, Honoré Guié et l’a envoyé en RDC pour organiser les élections là-bas.
Quand je dis que les conditions étaient calamiteuses c’est plutôt en amont et en aval que les choses se sont gâtées. En amont, sur dix-huit candidats que nous étions, seulement cinq ont été retenus. Donc en aval, les partisans des treize autres qui ont été refusés ont fait des histoires pour ne pas reconnaître le résultat des élections. C’est cela les conditions. Et c’est pour cela qu’après Pretoria, j’ai pris une décision pour que tous soient candidats.
Filière Café-Cacao. Je reconnais que les planteurs ne sont pas heureux. Mais aujourd’hui si la filière st mal gérée, il faut dire que ça ne concerne pas l’Etat. Et ce n’est pas l’argent de l’Etat qui est dilapidé. Nous, nous récupérons notre impôt. Et c’est notre impôt qui est notre argent 250 milliards en 2005. 254 milliards en 2006. C’est ça qui nous appartient. Je veux dire qu’appartient à l’Etat. Le reste leur appartient.
Aujourd’hui avec la réforme que nous avons faite, nous prenons nos impôts et le reste c’est l’affaire de ceux qui gère la filière. Donc, aujourd’hui la gestion de la filière, n’est pas l’affaire du chef de l’Etat. Moi je pense que c’est la filière qui n’est pas bien gérée.
On ne peut donc laisser la pagaille s’installer dans cette filière. C’est pourquoi quand j’ai vu que cette pagaille allait en grandissant, j’ai demandé au Procureur de se saisir du dossier. Et que s’il y a avait des malversations quelque part, qu’il poursuive immédiatement sans même venir me consulter.

Soir Info
Appréciations sur les journalistes.
Les journalistes chargés d’interroger le chef de l’Etat, ont-ils vraiment préparé l’interview que ce dernier leur accordée ? les deux journalistes ont eu certes le mérite d’aborder presque toutes les questions de l’heure, mais ils ont péché dans la conduite de l’interview. Très à l’aise, le président de la République, à certains moments, prenait la place des journalistes qui, il faut le dire n’ont pas été les maîtres de cet entretien. Plutôt que de poser des questions ouvertes qui auraient pu pousser le chef de l ‘Etat à cracher des « morceaux », les interviewers, tout au long des échangés sont contentés de questions fermés. Au point où les deux journalistes n’ont presque pas rebondi sur certaines réponses peu satisfaisantes ou parfois lapidaires du Président afin de le relancer. Sur des sujets tels que les détournements dans la filière café-cacao, l’affaire des déchets toxiques, le train de vie de l’Etat, nos confrères n’ont pas donné l’impression de s’être documentés avant de se présenter devant le chef de l4eat. Par moment, on aurait souhaité que les journalistes s’érigent en contradicteurs de Laurent Gbagbo, en insistant sur des points joliments esquivés par Gbagbo, notamment celui de la corruption au niveau des concours lancés par l’Administration. Cela n’a pas été le cas. De sorte que sur ces points, beaucoup de questions inutiles ont été posées et l’on s’est attardé sur des chose qui, en définitive, n’ont rien apporté au débat de fond.


Fraternité matin : 19 octobre 2007
Détournement dans la filière café-cacao : Global Witness demande que toute la lumière soit faite
Faisant suite à la saisine du Procureur de la République par le Président Laurent Gbagbo à l’effet d’ouvrir une enquête sur la gestion des différentes structures de la filière café- cacao en Côte d’Ivoire, l’organisation «Global Witness» vient d’adresser une lettre ouverte au N°1 ivoirien. Dans cette correspondance, l’ONG félicite Laurent Gbagbo pour cette initiative et souhaite ardemment que les résultats de l’enquête soient publiés. Répondant justement à la question sur RFI, la représentante de «Global Witness» à Londres (Angleterre), Maria Lopez, encourage le Président ivoirien. «Nous le félicitons pour les instructions données au Procureur de la république afin de diligenter des investigations dans cette filière, notamment sur le rachat des différentes sociétés, sur la circulation des ressources des fonds financiers, etc». Maria Lopez recommande aussi qu’à côté de cette enquête, il soit possible pour le gouvernement de prendre certaines mesures relatives à la transparence. Notamment celle de demander aux institutions de la filière de rendre publics les noms des banques dans lesquelles celles- ci détiennent des comptes d’une part et de publier également les audits financiers de 2001 à ce jour, d’autre part.

Radio nationale –
Edition du 18 octobre 2007 à 6 H

Le Président Laurent Gbagbo était hier sur le plateau de la RTI. Il a fait le tour d’horizon sur les problèmes brûlants de l’heure. Sur la question du front social en ébullition, le Président de la République a réaffirmé son opposition à l’impunité. Pour lui, les grèves, les revendications dans le désordre, sans respect des règles établies doivent être cernées et maîtrisées, voire sanctionnées si elles causent des préjudices à la population. Au sujet de la filière café – cacao, où on enregistre actuellement des remous. Le Président dit avoir confié ce dossier au procureur de la république pour que la loi à ce sujet s’applique en toute sa rigueur. Si des fraudes et des gestions scabreuses s’étaient avérées. Augmentation de l’IGR. Le Chef de l’Etat dément formellement l’augmentation. Il s’agit à ses yeux d’une réforme du système datant de 1960. Au niveau de la sous-région, le Chef de l’Etat a indiqué que la C.I. est en train de se repositionner dans les organisations inter-états de développement socio-économique ainsi que le candidat de la C.I. à la BCEAO est Antoine Bouhoun Bouabré, Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement. Concernant les grands projets de développement du notre pays, le Président a expliqué que malgré la crise, des grands chantiers ont été engagés dont les travaux d’achèvement de l’autoroute Singrobo-Yamoussoukro. Les travaux dans la ville de Yamoussoukro pour le transfert de la capitale. Quant aux relations entre C.I. et la France. Le Président Laurent Gbagbo a indiqué qu’elles s’améliorent sous l’ère Sarkozy. L’affaire André Kiefer, journaliste franco-canadien, le Président juge immoral que l’on associe le nom de sa famille à cette affaire.

Source : OCHA Côte d'Ivoire

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