jeudi, 25 juin 2009
In your fallace baby !
Ce fallacieux de Sarkozy !
Abidjan, jeudi 25 juin 2009 par Venance Konan
Qu’est-ce qui a encore pris au chef d’Etat français, de tenir des propos qui nous ont à nouveau énervé ?
Il ne peut vraiment pas faire un pas en Afrique, ce type, sans tenir des propos pour nous heurter, les grands sensibles que nous sommes ? Il aime vraiment palabre hein, comme on dit chez nous. On dirait qu’il est né dans le même coin que notre grand frère à tous, celui auquel vous pensez.
Déjà à Dakar, Nicolas Sarkozy nous avait tenu des propos insultants du genre « Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs » (qui donc veut-il qui pleure sur nos malheurs ?), « la colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique » (dites donc ! Il va donc dire que c’est nous qui sommes responsables de nos guerres, des ordures dans nos rues, de notre lagune qui se ferme, de nos policiers qui rackettent et de nos maisons qui s’écroulent à chaque saison des pluies ? Il est quand même gonflé, ce Sarkozy !) ou, « il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence, le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l’Afrique a besoin pour se développer. » (Il plaisante ou quoi ? Qui donc veut-il donc qui revienne ici avec de beaux costumes, des euros neufs et de belles femmes blanches au bras ?)
En tout cas, il a entendu ce qu’il devait entendre. Mais comme cela ne suffisait pas, voici qu’il remet le couvert à Libreville en parlant de « promesses fallacieuses », à propos des belles élections que nous apporteront bientôt notre bel accord de Ouagadougou que seul un cerveau aussi beau et parfait que celui de notre président bien-aimé a pu concevoir.
Promesses fallacieuses ?
Fallacieux lui-même ! Dire que notre président bien-aimé lui avait fait l’honneur de déclarer publiquement qu’il dormait mieux depuis qu’il est au pouvoir. Réalise-t-il ce que cela signifie ? Cela signifie qu’il n’est pas comme ce faux type de Chirac. Et que nous lui faisons confiance. Et voici qu’en une phrase assassine, il tue ce capital de confiance que nous venions de placer en lui.
Heureusement que les répondeurs automatiques du FPI lui ont apporté la réplique qu’il méritait. Ils lui ont dit qu’il est raciste et qu’il est nostalgique de la françafrique.
Eh oui !
Que nos amis ( ?) Français le sachent une bonne fois pour toutes : nous leur taperons toujours du fric pour boucler nos fins de mois toujours difficiles, pour qu’ils nous donnent des bourses ou tout ce qu’ils veulent pour que nos enfants aillent grossir les rangs de la racaille des banlieues parisiennes, que nos femmes baoulé aillent garder leurs enfants en laissant les nôtres à la rue, nous sommes d’accord pour qu’ils nous aident à obtenir un allègement de notre dette qui nous ont servi à bâtir de beaux palais aujourd’hui à l’abandon, mais nous leur taperons toujours dessus quand ils se mettront à critiquer notre folklore local qui consiste à ne pas respecter nos engagements, à gaspiller notre argent, à violer les droits de nos hommes et femmes, à traficoter nos constitutions pour nous maintenir au pouvoir, ou à trouver des petits arrangements (je ne sais vraiment pas pourquoi il utilise un mot aussi grossier que fallacieux) pour ne pas organiser d’élection.
Honnêtement, qui Nicolas Sarkozy a-t-il vu se plaindre qu’il n’y ait pas d’élection dans ce pays ?
Soro ? Il grossit seulement. Tout va très bien pour lui.
Bédié et Ouattara ? Ils font des meetings partout, ils promettent des milliers de milliards, le progrès pour tous et le bonheur pour celui qui veut bien y croire, et tout le monde est content.
Gbagbo aussi se promène dans l’ouest du pays, promettant ce que les gens veulent entendre, et, qui n’est pas content ? Qui a dit qu’il est fâché ?
Il paraît que depuis quelques jours, l’ouest et le nord-ouest de ce beau et accueillant pays sont aux pieds de Gbagbo. Bon, quelqu’un d’autre m’avait dit il n’y a pas longtemps que les mêmes régions étaient aux pieds de Bédié, et un autre m’a aussi dit récemment qu’ils sont également aux pieds de Ouattara. Ça ne coûte rien, en cette période de galère généralisée, d’être au pied de celui qui veut se l’entendre dire, et surtout qui peut donner quelques billets de banque. En coupures de dix mille francs. Et neufs de préférence.
Bon, revenons à ce cher Nicolas. Tout le monde sait dans ce pays qu’il n’y aura pas d’élection le 29 novembre prochain, et que les promesses de notre président bien-aimé n’engagent que Bédié et Ouattara, mais Sarkozy est le seul à utiliser une expression aussi barbare que « fallacieuse ».
Eh bien, encore une fois, fallacieux lui-même. Il a aussi dit que l’armée française « n’avait pas vocation à servir de substitut à des processus électoraux défaillants. » Donc quoi ? Il va enlever son armée de chez nous ? Il sait très bien que c’est ce qu’attendent ceux que le mot « fallacieux » irrite le plus. Et puis, que vont donc devenir toutes nos sœurs de la Zone 4, celles qui ont pris au pied de la lettre l’expression lancée par ce grand intellectuel qu’est Blé Goudé, « à chacun son Blanc ? »
Que l’on arrête donc de jouer à se faire peur et à utiliser des mots fallacieux. Notre président bien-aimé n’organisera d’élection que lorsqu’il aura bouclé ses dix ans au pouvoir, c’est-à-dire après octobre 2010, Sarkozy gardera toujours un noyau dur de son armée chez nous, parce qu’il sait que nous nous boufferons entre nous le jour où cette armée s’en ira complètement et tout le monde l’en accusera, ce qu’il ne veut pas assumer (syndrome du Rwanda), et nos sœurs de la Zone 4 seront toujours heureuses.
http://www.linter-ci.com/article.php3?id_article=8959?id=4
Venance Konan , écrivain journaliste ivoirien. Email : venancekonan@yahoo.fr
16:41 Publié dans Décryptage Nord-Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : venance konan, côte d'ivoire, sarkozy, françafrique, gbagbo













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