jeudi, 05 juin 2008
pouvoirs médiatiques
« On ne fait pas du bon journalisme en étant partisan ».
La Commission Electorale Indépendante (CEI) a annoncé le 30 novembre 2008 pour la tenue de la prochaine élection présidentielle. Un code de bonne conduite a été signé par les partis politiques représentatifs de Côte d’Ivoire.
A l’occasion du Press-club spécial organisé le 27 mai dernier par l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire et le Ministère de la Communication, en marge du Forum National des Médias portant sur « la mission des médias en période électorale », le journaliste et enseignant Ibrahim Koné, ancien secrétaire général du régulateur audiovisuel ivoirien (CNCA), a livré une tirade dont il a le secret. Sans langue de bois et avec expérience. Tout est dit et bien dit.
Jugez-en par vous-même.Thème : l’information en période électorale : engagement des politiques et des journalistes.
Le thème qui nous est soumis comporte, des ‘‘ingrédients’’ à la fois riches et variés. Ce que l’ont peut affirmer d’entrée de jeu, c’est que tous ceux qui prennent part au ‘‘jeu médiatique’’, portent une responsabilité dans sa réussite ou dans son échec.
Désormais, chacun sait que les médias, parce qu’ils nous informent et contribuent à la formation de l’opinion publique font partie intégrante de la définition moderne de la démocratie.
Désormais chacun sait que c’est dans les colonnes des Journaux, sur les antennes de radios et surtout de Télévision que se déroule la vie politique, plutôt que dans les assemblées des parlements, ou les cénacles du militantisme partisan, pour le meilleur et pour le pire.
C’est dire que les médias sont fondamentaux dans une démocratie vieille ou naissante, même si le rôle qu’ils remplissent n’est pas toujours à la mesure de l’enjeu.
Il est juste de reconnaître que de « dérapage » en « dérive » les médias se décrédibilisent aux yeux des ivoiriens. Ceux-ci leur reprochent leur manque d’indépendance, leur goût du superficiel et du sensationnalisme, leurs erreurs professionnelles. C’est assez pour que le traitement, de l’information en période électorale, période sensible s’il en est de nos jours, constitue une préoccupation majeure pour tous. Pourquoi faut-il des médias libres pour des élections libres ?
De nombreuses enquêtes font apparaître notamment à l’occasion des campagnes électorales que c’est à travers leur communication dans les médias que les citoyens se font, une idée des enjeux de la vie politique, des problèmes sur lesquels des oppositions politiques fondamentales se manifestent, des thèmes autour desquels s’organisent les compétitions électorales.
La presse est ainsi appelée à jouer un rôle permanent de médiation entre le système politique et l’ensemble des citoyens.
Au demeurant et sur cette base l’exploitation des médias ; tant en période normale qu’en période électorale, ne saurait être réservée uniquement à la satisfaction de quelques-uns uns.
Le rôle permanent de médiation des médias est fondamental parce que : à bien des égards, les efforts des partis politiques sont vains, lorsqu’ils ne parviennent pas à faire « passer » leurs thèmes de propagande auprès de la masse des électeurs. C’est le lieu de souligner que les partis politiques nous habitués à des porte-parole de faible capacité et n’ayant pas le physique de l’emploi. Toutes choses qui ont rendu leur message électoral, insipide et ennuyeux.
Le débat électoral ne peut être porteur et mobilisateur que si les porte-parole sont dignes d’intérêt. Il se trouve que c’est rarement le cas.
Il ne faut pas s’y tromper ; rendez-vous électoral est l’occasion pour le citoyen de repérer ce que sont les ‘‘points chauds’’ du débat politique.
Et c’est bien en fonction de ces ‘‘points chauds’’ et des positions prises à leur égard par les différentes forces politiques, que les citoyens arrêteront finalement leur comportement politique.
On le voit bien, la communication politique moderne tend ainsi à confier aux médias un rôle essentiel dans la sélection des enjeux autour desquels doit tourner le débat de la société politique. C’est pourquoi la presse donne de plus en plus le ton de la vie politique. Elle lui assure son rythme, elle en ponctue les moments clés. Les grandes émissions, les grands débats radiodiffusés ou télévisés notamment, constituent désormais les « temps forts » de la vie politique et des campagnes électorales.
En cette période sensible que peut –on attendre de notre presse ?
Primo ; un meilleur reflet de notre pluralisme démocratique. On peut reproche beaucoup de choses à un journaliste, mais on ne lui pardonnera pas de manquer à son devoir d’exactitude, d’enfreindre la règle du pluralisme quel que soit l’organe d’information où il exerce ses talents. Le pluralisme s’apprécie à plusieurs niveaux :
- dans la succession des informations diffusées où la pluralité des opinions doit être représentée le plus équitablement possible ;
- dans la présentation individuelle de chaque événement, où les principales composantes doivent apparaître ;
Secondo : le parti pris de neutralité Nous savons que le concept de neutralité dans les médias ne fait pas l’unicité. Le terme lui-même est contre versé. Un journaliste neutre n’existe pas, dit-on souvent. Pour autant, si le journaliste ne veut pas être confondu avec l’argent de propagande ou le publicitaire, il n’a d’autre choix que de traiter l’information avec un maximum de neutralité. Pour ce faire; il faut informer sans commenter.
Le commentaire ne ressort pas de la mission du journaliste ; puisqu’il ajouté une opinion à un fait donné. Le commentaire procède d’une idée ; émane d’un corpus de valeurs ; résulte d’un schéma de pensée, qui est de l’ordre du témoignage et non des faits.
Il faut donc éviter de priver le public de sa liberté de jugement. Il est certain que la neutralité exige de tout journaliste qu’il fasse taire ses convictions personnelles, ses propres sentiments, pour exposer les faits dans leur intégralité. D’une manière générale, des expressions telles que :
- M. X a fait un faux pas……
- M. Y a prouvé une fois de plus qu’il est le meilleur candidat par sa stupéfiante intelligence, ou Mme Z a commis une lourde faute en prenant telle décision……..
Constituent des expressions qui nuisent à la qualité du travail journalistique et donc à la crédibilité de leurs rédacteurs.
Enfin tertio : Du souci de la transparence au respect de la vie privée
Sur ce réseau les radios, demeurent en règle générale sur une plus grande réserve.
Généralement, l’on estime qu’à partir moment où les aspects favorables de la vie privée sont évoqués, au nom de quoi des « zones d’ombres » ou des périodes ambiguës devraient-elles être occultées ? Pour certains l’évocation de la vie privée est dangereuse car on ne sait jusqu’ou elle peut mener et à quelle dérive elle peut aboutir. Pour d’autres, l’homme public ne peut être détaché de l’homme privé, parce qu’il est porteur de valeurs qui l’engagent personnellement et publiquement. Le débat d’idées s’en trouve brouillé.
Force est de reconnaître que la déontologie et l’éthique passent pour être le cadet des soucis du journaliste ivoirienne. Notre presse abondante, sous le masque de la modernité joyeuse, grimace en fait une forme de régression morale.
Du coup, elle est demeurée incapable de faire naître en nous, des raisons d’espérer.
Plus que jamais, en ces heures sensibles qui s’annoncent, elle doit plus que par le passé, faire montre de responsabilité, de civisme vrai, en tournant le dos aux dérives ponctuelles, aux dérapages calculés, qui l’affaiblissent et qui lui font perdre chaque jour un peu plus sa légitimité. Qu’on se dise :
On ne fait pas du bon journalisme en étant partisan.
On devient et on demeure bon journaliste en étant indépendant dans le traitement de l’information.
Je suis de ceux, et ils sont nombreux qui pensent que rien n’est indispensable à la presse que l’indépendance.
- indépendance du journaliste
- indépendance du régulateur.
En définitive ce qui est un jeu, ce qui est mis en doute, c’est l’honnêteté et l’indépendance de l’activité journalistique la capacité à produire une information sérieuse pour le public, en résistant aux pressions du pouvoir et de l’argent.
Le mal ne vient d’un manque de dons ou de qualités individuelles, mais bien du fonctionnement d’un système. C’est de cela qu’il s'agit : non de la faillite d’une profession, mais de la dérive progressive d’un système d’information.
Il nous revient d’y remédier avec rigueur et ferveur afin que partis politiques et journalistes puissent jouer leur partition dans les prochaines élections. Le public attend et nous observe, lui qui a sûrement des leçons de journalisme vrai a nous donner.
Je vous remercie
KONE Ibrahim10:25 Publié dans Médias du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 27 mars 2008
Buzz made in Côte d'Ivoire
Enfin !...serait-ton tenté de dire ! Enfin une plateforme de blog accessible depuis la Côte d'Ivoire et histoire de faire de l'autosatisfaction, c'est blogspirit qui assure. Version customisée en mode ASP de notre plateforme fétiche (dites le à philippe on va avoir un an d'abonnement gratuit :-))), Ivoire blog est désormais accessible. Nous avions eu l'occasion de parler de la récente étude réalisée sur le sujet du networking social (FB&Co) et sur le dossier spécial Web 2.0 l'an passé. (Ok on sait le dernier chapitre "démocratie 2.0 arrive, mais on attendait le post effet municipales en france et les présidentielles US pour le terminer....ok bon elle est petite la pirouette là...:-)
L'animateur du projet est théophile kouamouo, transfuge plus ou moins volontaire du quotidien "Le Courrier d'Abidjan" et ancien journaliste au journal "Le Monde" (son blog ici http://kouamouo.ivoire-blog.com/).
Au moment où l'Union Europénne et le Ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, lancent une étude sur la libéralisation du secteur audiovisuel (à quand les fréquences numériques et vive le streaming radio !), la convergence des modèles GSM et Internet va devenir une réalité du ce côté du continent, et, nous l'espérons le social computing est en train d'écrire sa première page ivoirienne. Alors à vos claviers !
08:08 Publié dans Médias du Sud | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Affaire de plantation
| Au moment où l'ouest ivoirien s'est à nouveau tristement illustré, en ville, la bataille des clochers est de retour, dans un contexte où les prix flambent et le quotidien devient "caillou". Le ministre des finances tient bon et rentre d'une tournée française dont l'axe principal reposait sur le retour des investisseurs en terre d'eburnie. Pourvu que le prix de l'essence ne grimpe pas... Au sortir d'un long week-end de paquinou, de son côté l'inépuisable venance konan, livrait sa dernière production plantesque. |
| mercredi 26 mars 2008 |
| G |
bagbo Laurent le clame sur tous les toits : il veut aller vite aux élections. Parce qu`il est fils d`élection, étant arrivé au pouvoir grâce aux élections, contrairement aux héritiers et aux putschistes, parce qu`il sait qu`il va gagner, vu son très glorieux bilan, et parce qu`il veut avoir un gouvernement homogène pour s`attaquer aux problèmes de développement. Gbagbo veut donc aller au plus vite aux élections. Et s`il n`y en a pas encore eu depuis 2005, ce n`est pas de sa faute, mais celle de ses adversaires qui auraient peur des élections et passeraient le plus clair de leur temps à fomenter des complots avec IB et la France. Et bien entendu, notre opposition croit en la parole de Gbagbo et attend sagement que ce dernier se décide à organiser ces fameuses élections qu`elle est convaincue de remporter. Peut-on nous dire pourquoi ces élections n`ont toujours pas eu lieu ? Elles auraient dû avoir lieu en octobre 2005. C`est ce que la Constitution prévoit. L`accord de Linas Marcoussis le prévoyait aussi. De 2003 à 2005, le premier ministre Seydou Diarra devait nous conduire à des élections. Mais M. Gbagbo et sa clique ont torpillé consciencieusement cet accord et saboté toutes les actions qui devaient être menées pour que l`on ait des élections propres. Et nous sommes arrivés à la fin de 2005 sans élection. C`était la première victoire de Gbagbo. L`opposition n`y avait absolument rien compris. Et tout le monde a accepté que les élections soient reportées en 2006 parce que le pays était toujours coupé en deux. Et M. Gbagbo a gagné une année de plus au pouvoir. Personne ne s`était demandé qui était responsable de la coupure du pays en deux. La Constitution dit pourtant que le chef de l`Etat est garant de l`intégrité du territoire national. Ce qui signifie que si cette intégrité est atteinte, le chef de l`Etat doit rendre compte. Mais Gbagbo a dit que tant que les rebelles ne quitteront pas les zones qu`ils occupent, il n`organisera point d`élection. C`est comme si un homme qui possède une plantation engage quelqu`un pour la surveiller pendant un an, le contrat étant renouvelable. Cette personne réclame de l`argent, des manœuvres, des machettes, un fusil. Le propriétaire les lui donne. Puis, six mois après, des bandits arrivent et occupent une partie de la plantation. Le gardien de la plantation vient réclamer au propriétaire plus de moyens pour chasser les bandits. Le propriétaire s`exécute et lui donne encore des hommes, des fusils, des machettes. Pendant six mois, le gardien n`arrive pas à chasser les bandits. Lorsque le propriétaire lui dit que son contrat d`un an a expiré et qu`il veut un autre gardien plus compétent, le premier gardien lui dit qu`il ne bougera pas de la plantation tant que les bandits n`en seront pas délogés. Et puis finalement le gardien va signer un deal avec le chef des bandits et ils se partagent la plantation. La plantation, c`est bien sûr la Côte d`Ivoire et le propriétaire, les Ivoiriens. Aucun des leaders de l`opposition, dont l`un fut chef de l`Etat et l`autre premier ministre, n`a eu la présence d`esprit d`expliquer à M. Gbagbo qu`il était le responsable de la crise et de l`échec de l`accord de Linas Marcoussis que personne n`avait signé sous la menace d`un pistolet, et que par conséquent il n`était pas question de lui accorder une prolongation de mandat. M. Gbagbo a ainsi pris notre pays en otage avec la complicité de notre opposition, et ne veut plus nous le rendre. En 2006, M. Gbagbo a tout fait pour empêcher le premier ministre Banny de réussir sa mission, et nous en avons tous été témoin. M. Banny avait, lui, commis l`erreur de faire confiance à M. Gbagbo et de se défier de l`opposition, ce en quoi il n`avait pas eu totalement tort, vu l`inertie de cette opposition. A la fin de 2006, au moment où une nouvelle résolution de l`ONU disait à M. Gbagbo qu`elle l`autorisait à entamer une nouvelle et dernière transition, tout en renforçant les pouvoirs du premier ministre, M. Gbagbo a sorti de son chapeau l`accord de paix de Ouagadougou. Il a ainsi obtenu de renvoyer le premier ministre Banny, d`ignorer la résolution de l`ONU et de nommer Guillaume Soro à qui il ne donnera aucun pouvoir. L`opposition, comme à son habitude, n`a absolument rien dit et a suivi MM Gbagbo et Soro à Ouagadougou. Là-bas, on lui a dit de se tenir tranquille, en échange de quoi, elle aura deux postes de président d`institution, et la possibilité de se faire offrir de temps à autre des voyages et des séjours gratuits dans de grands hôtels à Ouagadougou. Et elle s`est tenue tranquille comme on le lui avait demandé. Et pendant une année, on nous a chanté sur tous les tons, les qualités de l`accord de Ouagadougou. Il était le plus beau, le plus cohérent, le plus fort, le plus génial, parce qu`il avait été négocié directement entre les principaux protagonistes. Tout le monde se devait de trouver des qualités à cet accord, sous peine de passer pour un ennemi de la patrie. L`opposition a été la première à le louer. Avec toutefois un petit bémol de la part de Bédié. Mais il a suffi que Sidiki Konaté rougisse ses yeux pour que M. Bédié la boucle. Cet accord devait nous conduire aux élections à la fin de l`année 2007 ou au plus tard au premier trimestre 2008. Nous sommes à la fin du premier trimestre 2008. Entre-temps, on a signé un accord dit complémentaire qui a fixé les élections au mois de juin 2008. Et personne n`y a trouvé à redire. Juin, c`est dans trois mois. Qui croit encore que ces élections auront lieu en juin prochain ? On nous a expliqué que l`opérateur technique dit qu`il lui faudra huit mois pour boucler l`établissement des listes électorales et la délivrance des cartes d`électeurs. Cet opérateur technique ne s`est pas encore mis au travail. Et apparemment tout est mis en oeuvre pour qu`il ne se mette pas au travail de si tôt. Mais en supposant qu`il le fasse aujourd`hui, cela nous amène au mois de novembre, au plus tôt. Disons en clair que M. Gbagbo vient de gagner encore l`année 2008 en rab. Bien entendu, notre opposition n`a rien à dire. Elle attend sagement que M. Gbagbo veuille bien organiser ces fameuses élections qu`elle doit gagner. Parce qu`elle a les plus beaux leaders, les plus forts, les plus intelligents, et sa stratégie de l`inertie et de la bouche cousue devant tous les problèmes que rencontrent les Ivoiriens est la meilleure pour gagner des élections. Que faut-il dire encore à notre peuple pour qu`il comprenne qu`on le mène en bateau, et qu`il n`y aura pas d`élection cette année, ni l`année prochaine, s`il continue à attendre le bon vouloir de MM Gbagbo et Soro ? Que faut-il lui dire pour qu`il comprenne que son opposition, sous l`effet de sa sclérose et son manque d`ambition, est en train de le trahir. Pourquoi s`obstine-t-on à croire que MM Gbagbo et Soro organiseront des élections ? M. Gbagbo n`a jamais eu autant de pouvoir que depuis l`accord de Ouagadougou. Il n`y a même plus d`Assemblée nationale pour voter des lois ou pour contrôler ce qu`il fait. Il dispose de l`argent du pétrole, du cacao, comme il veut. Il construit des palais farfelus à Yamoussoukro sans que personne ne parle, il s`octroie des fonds de souveraineté à sa guise, et tout le monde autour de lui, (y compris les ministres de la soi-disant opposition), se sert copieusement dans les caisses de l`Etat pour s`offrir des voitures de grand luxe, des maîtresses et des palais. Pourquoi M. Gbagbo prendrait-il le risque d`organiser des élections qu`il risquerait de perdre, alors que personne ne l`oblige à le faire ? M. Gbagbo sait très bien quel est son bilan à la tête du pays et dans quelles conditions il est arrivé au pouvoir. Il sait très bien que si MM Bédié et Ouattara n`avaient pas été disqualifiés par Guéï, et si ce dernier n`avait pas été un idiot, il ne serait jamais arrivé au pouvoir. S`il va passer des fêtes de pâques à gauche et à droite, c`est bien pour tenter de conquérir un électorat qu`il sait ne lui être pas acquis d`avance. Qu`il soit entendu une bonne fois pour toutes que le jour où M. Gbagbo organisera des élections, cela voudra dire que tout a été mis en œuvre pour qu`il gagne sans coup férir, et au premier tour. Seule l`opposition croit encore à un second tour où, selon elle, elle s`unira pour battre M. Gbagbo. Qu`elle continue de rêver. Elle ne sait faire que cela. Et pourquoi M. Soro de son côté se dépêcherait-il d`organiser des élections ? Que deviendrait-il après des élections ? Il a dit dans une interview à Jeune Afrique qu`il était pressé d`être au lendemain des élections pour nous dévoiler ses ambitions pour nous. En clair, il veut être notre prochain président. Evidemment, avec l`opposition et le peuple que nous avons, il est bien capable de le devenir, après toutes les destructions et tous les morts qu`il a semés dans notre pays et après avoir été le premier ministre calamiteux qu`il est en ce moment. Mais en attendant, pour réaliser ce rêve, il lui faut bien engranger beaucoup d`argent. Où, dans notre pays, gagne-t-on beaucoup d`argent si ce n`est en restant longtemps au pouvoir ? Pourquoi voulez-vous que M. Soro renonce à ses confortables fonds de souveraineté et à tout ce qu`il a pillé dans les banques et dans le nord du pays en organisant des élections ? Continuons de rêver. Et M. Gbagbo sera encore au pouvoir dans les quinze prochaines années.
Venance Konan,
journaliste indépendant
venancekonan@yahoo.fr
Le titre est de la rédaction.
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vendredi, 08 février 2008
Coupable !
Répondant à une attaque gratuite et que d'aucun jugerait grossière et tellement énorme qu'on s'en ferait mal au ventre, Venance Konan choisit, comme à son habitude, de répondre par la plume avec un dernier pamphlet et la dérision qu'on lui connaît. "J`avoue tous mes crimes" !
La semaine dernière, le très sérieux journal " bleu " appelé " Le Matin d`Abidjan " a révélé, après, je suppose, une très minutieuse enquête, que je suis le complice de Charles Taylor, l`ancien président libérien qui est en ce moment jugé à La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l`humanité. Le Matin a écrit que j`ai les mains aussi rouges du sang des Libériens que le dictateur Taylor, parce que j`ai participé à ses crimes, et que j`ai transporté pour lui des diamants du Liberia en passant par Danané. Ils ont oublié de préciser que c`est avec ces diamants que j`ai acheté mon énorme palais de quatre pièces (trois chambres- salon) au Dokui, ainsi que ma luxueuse limousine (dont les vitres montent et descendent en fonction de leur humeur). Donc tout logiquement, notre excellent confrère en conclut que ma place est à côté de Taylor à La Haye et non à Abidjan où je jouerais au donneur de leçon. Que dire après ces révélations ? Tout simplement qu`ayant été démasqué, il ne me reste plus qu`à avouer tous mes crimes. Puisque faute avouée est à moitié pardonnée, je pourrais alors espérer avoir la clémence des journalistes du " Matin d`Abidjan " et peut-être celle de leurs maîtres les refondateurs et autres jeunes patriotes. Oui, je l`avoue. J`ai interviewé Charles Taylor. La première fois c`était à Gbarnga, son fief lorsqu`il était rebelle. J`avoue aussi que j`avais pour complice ce jour-là une équipe de la radio ivoirienne. Je suis retourné une autre fois à Gbarnga, seul, mais sans pouvoir rencontrer Charles Taylor, puis j`ai organisé un point de presse pour lui ici même, à Abidjan. Plus tard, j`ai été couvrir l`élection qui l`a porté à la présidence de son pays, et durant cette période, j`avais pour complice la presse du monde entier, dont des journalistes ivoiriens. Je l`ai aussi revu lorsqu`il était président. Les traces de tous ces crimes se trouvent dans les journaux Ivoir`Soir, et Fraternité Matin dont les différents directeurs devraient, sans doute, être aussi arrêtés pour fourniture de moyens en vue de la commission d`un crime. Mais mes crimes au Liberia ne s`arrêtent pas là. J`ai aussi interviewé Prince Johnson, lorsqu`il était dans le maquis, à Caldwell. Mais lui, plus pingre ou plus fauché que Taylor, m`a juste offert de la bière et des brochettes de viande. En 2006, je l`ai rencontré à nouveau dans son bureau de sénateur, et cette fois, il m`a offert un livre très mal écrit dans lequel il écrivait que Samuel Doe était pour ainsi dire mort de mort naturelle. J`ai aussi interviewé le chef de guerre Roosevelt Johnson, la redoutable combattante appelée Two For Five et bien d`autres seigneurs de guerre aussi abominables qu`elle. J`ai même pour ami un ancien chef du groupe rebelle LURD qui a donné mon prénom à son fils.
J`ai également sévi en Sierra Leone où j`ai rencontré d`autres rebelles, et même Foday Sankoh, dont la spécialité était de couper les mains et les bras des gens. La rencontre avec lui a eu lieu ici à Abidjan, au temps du président Bédié, lorsque notre pays, qui était encore respecté, jouait au médiateur dans la crise sierra léonaise. On l`oublie souvent mais avant la refondation, c`était nous qui réglions les palabres des autres. Au Sénégal, j`ai été en Casamance où j`ai rencontré Bertrand Diamacoune, le frère du chef de la rébellion casamançaise, l`abbé Diamacoune Senghor.
J`ai rencontré aussi feu Jonas Savimbi dans son fief de Jamba dans le sud de l`Angola en 1989. C`était pour le compte d`un journal qui s`appelait " Voix d`Afrique " et qui avait pour directeur général un certain Laurent Dona-Fologo. Il devrait naturellement être poursuivi pour complicité dans ce crime. En Côte d`Ivoire, mon propre pays, j`ai commis aussi beaucoup de crimes. J`ai interviewé John Pololo, été ami à plusieurs loubards dont Serge Dailly, fréquenté des escrocs, des pasteurs, vrais et faux, des prophètes et des guérisseurs, plus souvent faux, fait une enquête sur la drogue dure à Treichville. Un journal " bleu " a d`ailleurs révélé ma toxicomanie en partant de cette enquête qui m`avait valu de remporter le prix du meilleur journaliste lors de la première édition des Ebony. Le brillant raisonnement du confrère a été le suivant : " il est impossible de réaliser une telle enquête sans consommer de la drogue. Donc, Venance Konan a consommé de la drogue dure (cocaïne ou héroïne, ou les deux en même temps. Je suis capable de tout.) Or, il est prouvé que celui qui touche à cette drogue ne peut plus s`en passer. Donc, Venance Konan continue de consommer de la drogue. Et c`est ce qui le pousse à écrire ses articles qui déplaisent tant aux Refondateurs. Car seuls des drogués peuvent critiquer la brillante gestion des très compétents Refondateurs. " Je dois être tellement accro à ces drogues dures que je n`ai pas pu m`empêcher d`aller enquêter en novembre dernier sur le trafic de drogue en Guinée-Bissau. La preuve de ce nouveau crime se trouve dans le numéro de février d`Afrique Magazine qui vient de sortir. J`ai aussi enquêté sur la prostitution en Côte d`Ivoire. Je sais que mon confrère dira que pour faire une telle enquête, il faut absolument consommer. Donc…Vous pouvez tirer la conclusion tout seuls. J`ai également enquêté avec ma complice Dominique Mobioh sur l`homosexualité en Côte d`Ivoire. Ce qui nous a d`ailleurs valu d`être condamnés à un mois de prison avec sursis, un restaurateur s`étant estimé diffamé parce que nous avions écrit que notre ami homosexuel qui nous servait de guide dans cette enquête avait dragué un de ses serveurs. Je sais ce que notre confrère " bleu " tirera comme conclusion : on ne peut pas faire une telle enquête sans consommer, etc. Donc vous voyez jusqu`où je peux aller dans le crime. J`ai aussi été à Bouaké une fois pour interviewer un certain Guillaume Soro qui était le chef de la rébellion ivoirienne. Il l`est toujours d`ailleurs, tout en étant le chef du gouvernement. Et, crime suprême, en novembre dernier, j`ai été au Bénin interviewer le sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit IB, ce qui me vaut d`être aujourd`hui traduit devant le tribunal de la presse " bleue ".
Quels autres crimes avouer ? J`en ai tellement commis que j`en oublie. Mais ceux que j`ai avoués là suffisent pour me faire fusiller. Il ne me reste plus qu`à me couvrir la tête de cendres et à aller me mettre à genoux dans la salle de rédaction du "Matin d`Abidjan" en implorant la pitié de ses journalistes. Oui, j`ai péché. J`ai vraiment péché. C`est pourquoi, je supplie la mère Simone, tous les saints refondateurs, ainsi que vous mes frères et sœur, pour intercéder auprès du Christ de Mama afin qu`il m`accorde sa clémence. N`est-ce pas que dans ce pays où les loups sont si doux et les agneaux si méchants, dans ce pays où un putschiste (ce qui est arrivé à Robert Guéï n`est rien d`autre qu`un putsch) peut faire admettre qu`il a été démocratiquement élu et refuser par la suite d`organiser des élections, dans ce pays où les Assalé Tiémoko Antoine sont jetés en prison pour avoir écrit que la justice est corrompue, dans ce pays où des tricheurs et des voleurs de diplôme peuvent devenir des héros, où des analphabètes aux grands chapeaux peuvent diriger la filière du produit le plus important qui fait vivre le pays, où des branleurs demi-analphabètes peuvent se faire passer pour des journalistes, où des très mauvais écrivains peuvent livrer à la vindicte populaire d`autres écrivains dont le seul crime est de ne pas penser comme eux, heureusement d`ailleurs, dans ce pays où l`on trouve des faux dollars chez des proches du chef de l`Etat et des véhicules volés à la présidence, dans ce pays où l`immoralité est érigée en règle de conduite gouvernementale, où l`on importe des déchets toxiques pour s`enrichir, n`est-ce pas que dans un tel pays, essayer de faire du bon journalisme, aller chercher l`information là où elle se trouve, souvent au risque de sa vie, est un grave péché ? N`est-ce pas que dans un tel pays, des soi-disant journalistes peuvent appeler à l`arrestation et au meurtre d`un autre journaliste, simplement parce qu`il essaie de faire son travail de journaliste, et parce qu`il pense différemment, sans qu`aucun organe de régulation de la presse, sans qu`aucun procureur ne réagisse ? On a fermé RFI parce que cette radio aurait donné une information fausse. Et que fait-on de journaux qui attisent chaque jour la haine, qui écrivent des âneries et désinforment à longueur de journées, livrent d`autres journalistes à la vindicte populaire, dans ce pays où l`on a vu des escadrons de la mort sévir, où des miliciens se promènent en toute liberté, où un journaliste a déjà été abattu par un policier qui a d`ailleurs reçu une promotion du fond de sa prison, où un autre a disparu et les personnes qui en sont accusées se trouvent dans les cercles du pouvoir, où des jeunes patriotes abrutis sont régulièrement félicités par le chef de l`Etat et honorés par le ministre de la Réconciliation ? Quel crédit accorder aux organes de régulation de la presse lorsqu`ils se taisent quand des prétendus journaux, parce qu`ils sont bleus, se permettent de fouler aux pieds, chaque jour, les règles les plus élémentaires de notre métier ? J`oubliais que nous étions dans le pays où les agneaux sont accusés de faire du mal aux loups, et où il est très dangereux d`être honnête et compétent.
Venance Konan, journaliste, écrivain.
Email : venancekonan@yahoo.fr
In "Le nouveau Réveil" Edition du 7 février 2008.
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mardi, 23 octobre 2007
Desert Storm II
Quelque chose de très dérangeant est en train de se passer au Niger. Une atteinte à la liberté de la presse....mais pas forcément là où l'on croit. Petit retour en arrière.
Courant septembre 2007, le correspondant de RFI, également correspondant de RSF, également patron d'une radio de proximité (cherchez l'erreur) était arrêté par le procureur pour "atteinte à l'autorité de l'état".C'est regrettable.
A priori on pourrait penser qu'il s'agit d'un enième muselement de la presse africaine par un pays où règnerait la dictature et l'antipactecolonnialiste primaire, raccourci facile que l'on donne en pâture aux jeunes cerveaux et où la communication politique, où la propagande, c'est selon, tente de masquer les intérêts sonnant et trébuchant, pour conduire à un résumé "prêt à penser" masquent l'équation d'un pays en manque de vision, de projet, de gouvernance par la compétence et donc d'objectivité . Une situation banale, qui fournirait une explication classique vécue ailleurs et terriblement répétitive dans beaoucoup de pays en crise identitaire ou en crise tout simplement : ce sont les étrangers qui sont responsables. En Afrique la version coutumière serait plutôt "c'est la faute des blancs" et donc "c'est la faute de la france"...etc.etc... Au Niger donc, voici donc un scénario tout aussi classique qui se déroulerait. Vue d'Europe ou d'ailleurs, un énième élément donnant une image habituelle et négative de l'Afrique. C'est RFI qui en parle et qui parle de RFI : on emprisonne à défaut de couper le son d'une radio aux couleurs de la "voix de la France". Le tout sur fond d'affaire Areva (qui a au bout de 30 ans a enfin accepté l'idée de payer un prix plus élevé sur ses extractions d'Uranium) et sur fond d'affaires des infirmères bulgares (et donc de deal avec le voisin du Nord : le démocrate colonnel kadafi). Un beau mélange comme on les aime. Une belle "sauce embouteillage" comme on dit au pays.
Oui mais voilà, on parle du Niger. Pays le plus pauvre de la planète selon les derniers classements, et dont la culture repose plutôt sur l'humilité et la discrétion. Alors plutôt que de crier avec les loups (RFI depuis ne sait plus ce que veut dire traitement de l'information et s'est véritablement transformé en une vulgaire antenne de propagande, allant désormais dans le sens de ses détracteurs, à la manière d'un CNN perdu dans le désert Irakien et d'un contrôle d'une information, une communication de l'information par les USA). Quelques faits nous ont interpellés, lors de notre passage à Niamey. Etant observateur privilégié des médias africains en géneral, et d'Afrique de l'Ouest en particulier, étant proche des observatoires de la liberté de la presse et des organisations sectorielles et professionnelles, des régulateurs, et des Ministères de la Communication, étant démocrate, ouvert d'esprit, technicien, homme libre et citoyen du monde : je dis STOP !
Gabriel (FIJ) j'ai lu ta réaction tu te trompes, chers collègues guinéens, je dis "vérifiez d'abord".
RFI se trompe, RFI désinforme, et RSF ne fait qu'emboîter le pas. Tout deux ont oublié deux fondamentaux du métier de journaliste : vérifier ses sources et respecter le traitement de l'information.
Plusieurs questions doivent être abordées face à un enjeu de cette taille, et afin que la liberté de la presse soit respectée et non polluée par celui qui crie le plus fort : Est-ce que le correspondant de RFI se comportait en qualité de journaliste au moment des faits ? (la réaction corporatiste est certes louable, mais si les agissements, sous des vêtements de reporter, s'apparentent au commerce plus qu'à la collecte d'information, alors est-il reporter ? Comment RFI et RSF peuvent-ils expliquer ce manque flagrant d'indépendance et cette aptitude à cumuler les fonctions, souvent contradictoires ? Ce journaliste est-il en dessous de tout soupçon ? Le Niger n'a-t'il pas acté comme tout pays démocratique (indépendance de l'éxécutif sur le judiciaire, procédure respectée). Le récent débat à l'assemblée menant au changement de Premier Ministre n'est-t'il pas un exemple démocratique que beaucoup de pays du Nord envieraient ? Un journaliste a-t'il le droit de louer son véhicule de fonction à des confrères étrangers venant en reportage ? La liste est longue et les confrères nigériens savent de quoi nous parlons. Par humilité ils avaient décidé de ne pas en parler, mais jusqu'à quand ? Ce mutisme est-il utile à la profession et à la démocratie nigérienne , alors que le monde francophone entier pense que c'est tout le contraire qui se passe sur place ?
La liberté de la presse n'a pas de frontières et le traitement "banania" voire "bananier" que nous réserve cette poudrière rédactionnelle africaine décrédibilise toute la profession.
RFI s'est trompé, un point un trait ! Plutôt que de reconnaître son erreur, elle s'enfonce dans un combat perdu d'avance, pour la vérité, pour le métier, pour les auditeurs, pour les résidents, pour les africains, semant encore plus la discorde et l'amalgame entre les populations. RFI invente l'actualité pour règler un problème d'ordre interne tout au plus, désinformant ses auditeurs, plutôt que de jouer la carte de la transparence et de la déontologie. Cette rédaction africaine pose problème, elle est devenue un état dans l'état, parfois journaliste, souvent faiseuses d'opinion, très souvent marchande de la pensée unique dont nous connaissons les pratiques.
A quand la rupture ? A quand l'ouverture ? A quand le débat ?
Que le débat se fasse, s'il fait avancer les idées, un petit progrès pour l'humanité, un gifle à la médiocrité et au mensonge. A l'heure de la réflexion de la politique audiovisuelle extérieure française, le conseiller benhamou devrait s'attacher quelques vérifications supplémentaires, techniques, loin des salons et du petit monde du convenu journalisitique parisien alors que c'est l'avenir des citoyens du monde que l'on prend en otage.
Le président Schwartz devrait également écouter les autorités nigériennes qui, en marge du sommet de Cannes, l'avaient déjà alertés. Robert Menard...non laissez tombé, on a dit qu'on parlait de l'avenir...RFI est une superbe radio par ailleurs, un outil essentiel à l'espace francophone, capable des meilleurs sons, émissions reportages. Mais dans le cas présent, le desk africain vient de commettre une nouvelle erreur. Qu'il l'a reconnaisse et laisse la place aux talents indépendants.
Merci à Terranova de m'avoir laissé publier cette tribune, petite goutte dans un océan de désinformation.
"Quand on a décidé de marcher sur la tête, il ne faut pas avoir peur de se sâlir les cheveux." (proverbe ivoirien).
Que le débat ait lieu !
Merci de faire passer.
Franck Berthod
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samedi, 30 juin 2007
Imaginons l’avenir de l’Afrique
Découvrez trois articles d'un reportage réalisé par Alfred Dan Moussa en mai 2007, publiés actuellement dans le quotidien ivoirien Fraternité Matin. (http://news.abidjan.net/presse/fratmat.htm)
Salon international du livre et de la presse de Genève : L’Afrique à cœur et ciel ouverts
Imaginons l’avenir de l’Afrique, tel était le thème du 4e salon africain, mamelle de taille du 21e Salon international de Genève. Du 2 au 6 mai 2007.
Comme les médias ne peuvent pas tout dire, nous nous sommes mis à écrire. Et je suis devenue écrivain. Il appartient aux écrivains africains et à tous les intellectuels de ce continent de s’imprégner davantage, à travers une lecture de notre histoire et de notre quotidien, des réalités africaines.
Entrée tonitruante au Salon international du livre et de la presse de Genève, en Suisse, d’une Africaine d’origine malienne. Le vestimentaire précède la présentation de la citoyenne au public : elle attache son pagne comme elle noue son grand mouchoir (un autre pagne) sur la tête. Tenue traditionnelle durant toute la durée du Salon africain du livre, de la presse et de la culture, lui-même maillon devenu incontournable du Salon international de Genève. Tenue traditionnelle d’origine malinké. Couleurs sombres. Ce n’est pas pour autant que Aminata Traoré passe inaperçue. Pleine d’énergie. Dans la démarche. Mais aussi et davantage dans le ton du discours. Elle ne parle pas, elle vocifère. Remue-t-elle les lèvres. C’est le tonnerre qu’on entend gronder.
Vivacité. Le ton et le fond du discours accrochent et, l’ancienne ministre malienne de la Culture aura fortement impressionné le Salon africain du livre et de la presse. Elle qui partage avec les autres écrivains que toute littérature est protestation, en Afrique, comme partout ailleurs dans le monde, que tout livre est résistance, revendication ou témoignage sévère du vécu de tous et de chacun. Et Aminata Traoré de soutenir, dans le débat sur les avenirs possibles du continent, que la communauté internationale continue de se moquer de l’Afrique qui, de ce fait, demeure la risée du monde:
«Les Africains n’ont pas de dirigeants politiques. Ils n’ont que des entrepreneurs. Ils doivent cesser d’accorder de l’importance aux élections, vu que le système politique est géré à partir de Washington, de Bruxelles ou de Paris, par des acteurs distants qui croient pourtant savoir ce qui est bon pour les Africains. La communauté internationale ne fait qu’inciter l’Afrique et ses dirigeants à la trahison et à la corruption».
Les origines de notre retard et de notre misère incombent-elles aux seuls occidentaux et aux seuls dirigeants africains, s’interrogent des écrivains. Le maillon faible, répliquent d’autres, c’est la société civile qui doit savoir ce qu’elle veut, à court terme, dans un an ou dans cinq ans. Que l’Afrique et ses intellectuels arrêtent de se morfondre. Qu’ils demeurent plutôt optimistes. Surtout, qu’ils se mobilisent dans la défense des intérêts de tout le continent et de tous les peuples africains, recommandent d’autres encore, après avoir déploré que l’Afrique se soit toujours nourrie du sang et de la sueur de ses propres enfants.
La recherche de solution aux nombreux problèmes de dignité et de développement passe, selon Aminata Traoré, écrivain, par l’instauration d’un véritable débat contradictoire de l’Afrique sur l’Afrique. « L’Afrique qui n’a jamais le temps de réfléchir profondément doit revendiquer le droit à l’analyse minutieuse et responsable de sa situation et de ses handicaps. Nous remplissons le continent de déchets de toutes sortes. Chacun veut avoir au moins deux téléphones portables et des salons Louis XIV. Chacun veut porter un costume sur un continent où il fait 40° à l’ombre et, refuse de vêtir une chemise en coton », déplore l’auteur de la Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général. Avant de souhaiter que les Africains, dans un sursaut indicible, s’attellent à désintoxiquer le continent, à faire la paix pour ne plus avoir à s’entretuer pour n’importe quoi, à construire une opinion publique africaine pour ne plus permettre à quoi que ce soit de se constituer otage de la politique en se faisant élire par l’extérieur et de l’extérieur.
Mais, comment s’accorder sur la poursuite du combat des Dubois, Garvey, Kwame N’Krumah, Senghor, Houphouet-Boigny, Ki Zerbo ? Il faut partir d’en bas pour asseoir un nouveau mouvement panafricaniste, consolider le panafricanisme par le bas en sachant qu’aucun candidat à la présidentielle, dans un pays africain, ne peut se faire élire pour avoir eu le panafricanisme comme slogan de campagne. Aucun président ne peut non plus renoncer à la souveraineté nationale de son pays en lieu et place du panafricanisme. En plus des frontières, de la barrière de langue et des préoccupations bassement matérielles et de leadership, le 4° Salon africain du livre, de la presse et de la culture s’est heurté à une grosse interrogation. Quel stimulant, de la taille de la volonté de décoloniser l’Afrique, peut déclencher, en 2007 et à partir de maintenant, un vaste et nouvel élan panafricaniste ?
A travers cette question, le 5° Salon africain du livre, de la presse et de la culture trouvera son fil conducteur et son inspiration. Imaginer l’ avenir de l’Afrique ne pouvant être circonscrit à un salon, la directrice de la programmation du Salon africain, Isabelle Bourgueil, ses collaborateurs et partenaires avaient déjà retenu que le débat s’étale et s’étende sur trois ans. Avec comme thème général, l’Afrique en marche. Ils ont vu juste.
A. Dan Moussa
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mardi, 19 septembre 2006
15 millions, Abidjan
Trois journalistes du Jour Plus condamnés à une lourde amende, leur avocat fait appel
Le 18 septembre 2006, Coulibaly Seydou, Frédéric Koffi et Edouard Gonto, respectivement directeur de publication, rédacteur en chef et journaliste du quotidien privé Le Jour Plus, ont été condamnés collectivement à une amende de 15 millions de francs CFA (22 867 euros) par le tribunal d'Abidjan. Ils ont été reconnus coupables d' "offense au chef de l'Etat".
Reporters sans frontières - 9/18/2006 5:40:43 PM
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jeudi, 30 mars 2006
P.A.R.I
Politiciens à responsabilité illimitée
L’élection présidentielle 2006. Et, accessoirement, les autres échéances qui suivent. Une obsession qui tient lieu de programme de gouvernement et de projet de société dont les partis politiques ivoiriens et leurs états-majors de courtisans veules et vils saoulent jusqu’à plus soif la nation. Comme si tout le monde s’était donné le mot pour abdiquer la réflexion et la vision de grandeur de la nation ivoirienne. C’est sans doute que les crimes politiques, qu’ils soient exécutés par procuration à des escadrons, des bandes armées, des milices semblent porteurs d’une certaine malédiction dans la conquête ou la conservation du pouvoir : les moments de cafouillage consécutifs aux périodes de crise grave ou de guerre sont propices à la prospérité et au triomphe du crétinisme.
On disait la Côte d’Ivoire desservie et condamnée par le venin de journalistes et de journaux figés ad eternaem dans la haine, sa culture et sa propagation. Mais la voilà, plus que jamais, réduite en esclavage par les ambitions rabougries de politiciens à irresponsabilité illimitée. Qui bornent l’horizon et l’avenir du pays à leur seule conquête du pouvoir d’Etat. Et comme le disait Talleyrand de Chateaubriand, cité par Franz-Olivier Giesbert dans " La tragédie du président ", les politiciens ivoiriens sont si épris d’eux-mêmes qu’ils croient qu’ils deviennent sourds quand ils n’entendent pas parler d’eux en élevant et en entretenant la clameur autour de mensonges qu’ils sèment aux quatre vents. Comment ne pas se rappeler les mots de Serge July dans Libération du 30 mai 2005, après la bérézina du projet de Constitution européenne rejeté par 54,68% de Français : " (…) Une classe politique élevée par des autruches, portée aux
Qu’importe si les cadavres sont encore chauds. On marchera dessus. Le cœur léger, sans remords ni un mot de compassion pour les veuves et les orphelins, les estropiés et les éclopés à vie, pour occuper le trône. Qu’importe si beaucoup de sang d’innocents a été versé. On pagaiera sur les flots, les grands mots nourriciers de la démagogie et du cynisme ourlant les lèvres qui parlent de sacrifice - des autres - pour atteindre le sommet. Qu’importe si le pays se meurt faute de projets ambitieux, rassembleurs, de programmes de gouvernement innovateurs, porteurs de solutions aux crises multiples qui minent le pays, le corps de la nation à l’agonie servira de marche-pied pour conquérir le pouvoir, le conserver. Les politiciens à irresponsabilité illimitée qui rétrécissent l’horizon et hérissent l’avenir de barbelés de désespoir et de désespérance sont la preuve vivante que la politique, telle qu’elle se pratique ici, n’est pas une science morale.
Et que n’entend-on ? La Côte d’Ivoire est debout ! La Côte d’Ivoire est un pays important ! Si ça explose ici, ça calcinera toute la sous-région ! Et tutti quanti. Bien sûr, on peut toujours et encore berner le peuple en agitant les mots qui forcent l’adhésion et rapiècent la fierté qui s’émiette et tombe en lambeaux. Qui osera, du reste, interdire le rêve ? Mais comment rêver ensemble avec des politiques qui ne pensent jamais qu’à eux seuls et à leurs hordes ? Qui, quand ils parlent du destin de la nation, pensent d’abord, ensuite et enfin, au trône et au pouvoir qu’ils exerceront sur les citoyens. S’ils osent encore faire de la démagogie sur l’intérêt commun, en parsemant leurs incantations de leur attachement au bien du pays, c’est bien la preuve qu’ils prennent le peuple pour une meute de têtes aplaties qui a perdu toute capacité de penser, de distinguer le mensonge racoleur et la propagande électoraliste de la vérité.
Nous voilà pourtant à seulement quelques petites encablures des heures qui pourraient être chaudes parce qu’elles sont réputées déterminantes pour le devenir du pays. Et, à l’horizon, rien de nouveau, sinon les mêmes querelles de clocher, les mêmes vieilles haines qui rendent l’haleine des politiciens à irresponsabilité illimitée irrespirable, insupportable. Sur quel programme le peuple opérera-t-il son choix pour marquer sa volonté de bâtir un autre destin, un avenir durablement prometteur parce qu’il aura choisi un projet de société qui pose les fondations et les fondements d’un véritable développement ? Sans doute, sur la proximité tribale, les accointances religieuses, l’appartenance régionale que savent si bien vendre ceux qui font croire que la politique est la seule chose qu’ils sachent faire, qu’elle est leur métier, leur carrière. Et qui prétendent pouvoir nous gouverner.
Il est de coutume que la tribu, la région, le cercle des parents proches ou éloignés exultent quand un des leurs, candidat à / ou exerçant de hautes responsabilités, en appelle à leur soutien. Cette mentalité-là doit changer. L’appartenance à une nation, plus de quarante-cinq ans après les indépendances, semble encore aléatoire et relever de l’impossible tant ces critères imprègnent encore nos jugements.
Il faut des engagements fermes, de vrais programmes et de vrais projets là où règnent les slogans, les promesses mensongères qui n’engagent que ceux à qui elles sont faites, jamais ceux qui les font. C’est seulement à cette aune que l’on pourrait juger l’équipe qui sera installée sur le siège éjectable, fin 2006. Des hommes et des femmes plus responsables, moins enclins à suivre le frère tribal, religieux, régional poseront, sans doute, des balises pour limiter, enfin, l’irresponsabilité illimitée de la classe politique nationale.
Editorial de Fraternité Matin - Côte d'Ivoire le 29 Mars 2006
ziomouss@yahoo.fr
Auteur: ZIO Moussa
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lundi, 20 mars 2006
Médias : la sanction du consommateur
Il n’est pas passé inaperçu, le paragraphe consacré aux médias à l’issue de la rencontre des 4 Grands, les 27 et 28 février 2006 à Yamoussoukro. A l’initiative du Premier ministre Charles Konan Banny. Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro " ont renouvelé leur recommandation à la presse, particulièrement à la presse écrite, afin qu’elle s’inscrive dans le processus de paix et évite les écrits pouvant le remettre en cause. Ils ont invité les différents responsables de partis politiques à faire en sorte que les journalistes qui leur sont proches ou qui partagent leurs sensibilités accompagnent le processus ". L’on s’en souvient bel et bien.
On recommande aux journalistes…On invite les hommes politiques…
Le choix de ces verbes a retenu l’attention des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Avec finesse, les leaders reconnaissent avoir tenté, avec succès, de manipuler les médias. Tout en leur jetant la pierre. Les grands qui nous dirigent, que certains journalistes considèrent comme des alliés et des complices sûrs et certains, ne courent en réalité que derrière leurs propres intérêts. Ils sont tout juste des suiveurs, prêts à renier les journalistes, après les avoir transformés en partenaires stratégiques et de circonstance, après les avoir pressés comme des citrons.
C’est souvent, et très souvent même, que des hommes politiques traînent, sur la place publique, les médias comme la seule ou la première cause de la crise ivoirienne, dégageant ainsi leurs responsabilités, toutes leurs responsabilités, dans la survenue et dans la gestion de ladite crise.
Tenez ! En quoi les journalistes, par exemple, pourraient-ils être responsables de la descente, de nuit, des FDS dans un village de Zouan Hounien et des bastonnades des villageois par des éléments censés pourtant assurer leur sécurité ? En quoi les médias, par exemple, seraient-ils responsables de ce qui est arrivé au convoi funèbre que devait conduire Laurent Dona-Fologo à Korhogo ?
Les hommes politiques ivoiriens n’ont pas toujours le courage de dire tout ce qu’ils ont à dire. C’est souvent qu’ils s’adossent aux journalistes dont certains, malheureusement et grossièrement, jouent le jeu et dansent la danse, même avec le diable...
Les hommes politiques ivoiriens ne sont pas toujours modestes et humbles pour faire régulièrement leur mea culpa et s’engager à mieux faire. Autrement dit, à rectifier le tir quand il le faut. Conscients de leurs faiblesses, les journalistes, eux, sont organisés. Parfois aidés par les pouvoirs publics et la société civile. L’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire, l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie, le Conseil national de la communication audiovisuelle et le Conseil national de la presse oeuvrent à l’amélioration du contenu des médias.
Les journalistes seront, toujours et encore, à l’épreuve, à la faveur de la période électorale qui pointe déjà du nez et qui sera l’occasion pour les vilains sentiments de refaire surface : incitation au tribalisme, à la xénophobie, à la révolte, au crime. Et nous en passons… N’est-ce pas la période durant laquelle les passions sont exacerbées ? Période d’effervescence dans les organisations politiques et syndicales. De tension entre états-majors de campagne. De passion chez les militants de tout bord. De confrontation des idées et projets de société. De propagande...
Le journaliste comprend dès lors qu’il doit s’abstenir d’allumer la moindre bûchette. Il ne s’offre à lui qu’une seule possibilité : rester collé à son métier et à ses règles. Sa raison d’être, ce sont les consommateurs. Ce sont eux qui ont besoin de l’information et qui cherchent l’information. Il importe que les journalistes se détournent de ceux qui entreprennent de les détourner de leur métier, au nom de leurs intérêts personnels et qui se confessent bien plus tard, pour recommencer aussitôt après leur sale besogne
Si la gestion de l’éthique dans les médias est une préoccupation qui interpelle, d’abord et surtout, les journalistes, elle doit également être un gros souci pour les leaders et militants politiques, pour les groupes de soutien et ce qu’il est convenu d’appeler, parfois abusivement, la société civile. Que faire, sinon rechercher des approches qui permettent de mettre tout le monde presque au même niveau de sensibilisation à la question de l’éthique.
Première piste. Il est temps que les lois sur les médias soient renforcées par des décrets d’application qui permettent de mettre en place, entre autres, l’instance de délivrance de la carte d’identité de journaliste professionnel. La carte professionnelle de 2001 n’est plus valable. A ce jour, on ne sait pas qui est journaliste et qui ne l’est pas. Ecrire dans un journal ou passer à l’antenne ne fait pas forcément de la personne un journaliste.
Deuxième piste. Il est indispensable de faire connaître et d’expliquer les lois sur la presse et le code de déontologie aux journalistes, mais aussi et surtout au public qui croit, à tort, que ces textes ne concernent que les journalistes et ne doivent être sus que d’eux et d’eux seuls. Le public est pris en compte dans ces textes et il est bon qu’il le sache. La rédaction et la gestion d’un droit de réponse, par exemple, méritent d’être vulgarisées.
Troisième piste. Que dire des mouvements de soutien ? Pourquoi ne seraient-ils pas recensés et éduqués au savoir-soutenir un candidat, au savoir-remporter la victoire, au savoir-gérer une défaite, en période électorale. Ils doivent savoir à partir de quel moment ils peuvent être accusés d’avoir fait de l’incitation au tribalisme, à la xénophobie, à la révolte et au crime. Les mouvements de soutien politique, sur la base de l’ethnie ou de la religion doivent être découragés.
Quatrième piste. Un centre d’écoute et d’analyse du discours politique a toutes les raisons de voir le jour, avec, entre autres missions, de renvoyer aux leaders politiques leur propre image, et de les interpeller chaque fois que cela sera nécessaire, eux qui nous dirigent ou aspirent à le faire. Un mot mal placé, une phrase qui prête à confusion, un proverbe ou une image diversement interprétés peuvent entraîner des conséquences explosives dans un contexte électoral où les foules se déchaînent facilement. Leurs temps d’antenne et/ou de parole ne doivent souffrir aucune incitation à l’incivisme, à la révolte, au fanatisme religieux, etc Les leaders politiques le savent, mais il importe de leur rappeler. Pour qu’ils puissent mieux situer leurs responsabilités. Ils ont besoin de formation, eux aussi.
Cinquième piste. Même si la question de l’audience n’a pas, sous nos cieux, la même importance qu’elle revêt dans les pays développés dotés de plusieurs chaînes de radio et de télé, il reste vrai que la décision de capter ou non une chaîne est la plus grande sanction que l’audiovisuel est en droit d’attendre du public. Côté presse, l’achat ou non d’un journal est la sanction qu’exerce et gagnerait à exercer continuellement le public sur les entreprises de presse. La désaffection du public vis-à-vis des journaux est réelle à travers une étude comparée des chiffres de la presse, de janvier 2001 à décembre 2005. A l’exception de 2003 qui a connu une remontée, les autres années ont vu les ventes dégringoler.
La presse quotidienne et périodique a vendu respectivement :
35 984 611 exemplaires en 2001
32 807 391 exemplaires en 2002
37 087 589 exemplaires en 2003
33 982 876 exemplaires en 2004
29 501 504 exemplaires en 2005 Les propriétaires, les directeurs de publication et les rédacteurs en chef ne peuvent pas ne pas en tirer des leçons. Les annonceurs en feront autant quand les décrets d’application des lois permettront la publication des chiffres de vente de chacun des journaux. Et quand on sait que les journaux ne peuvent se passer des annonceurs et que ceux-ci ne se dirigent que vers les meilleures ventes, chacune des rédactions travaillera à se professionnaliser, chaque jour un peu plus, chaque jour davantage. Que le public fasse donc usage de son pouvoir de sanction.
Puisse, le Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, ministre de la Communication inscrire parmi les priorités des 100 prochains jours, les questions de sécurité à la RTI, de l’accès équitable des partis aux médias d’Etat, de l’accès aux sources, de la libre circulation de l’information et des journalistes, sur toute l’étendue du territoire. ![]()
Editorial de Fraternité Matin - Edition du 20 mars 2006- Auteur: Alfred MOUSSA DAN ![]()
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mardi, 29 novembre 2005
Confraternité
Philippe, journaliste français, répond aux questions de cyprien, journaliste ivoirien dans les colonnes du quotidien ivoirien FRATERNITE MATIN. ![]()
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Un an après les événements de novembre 2004, te revoilà à Abidjan.
Es-tu en train de préparer un autre livre ou un autre film ?
On m’a demandé de préparer un autre livre, mais pour l’instant, j’avoue que je n’en ai pas le courage. En dehors de mon travail de journaliste, j’ai déjà fait un livre et un film en deux ans, je trouve que c’est suffisant. Mais c’est sûr que j’ai toujours envie de faire un autre livre ou un autre film. C’est le courage qui me manque. Disons que ça va venir.
Comment le film, Paroles d’ivoire, a-t-il été accueilli en France ?
Il a été très bien accueilli. Dans le film, il y a beaucoup d’émotion, et il y a des gens qui sont sortis de la salle de projection en pleurant. On l’a projeté dans une salle où poudrière identitaire a été présenté il y a quelques années. Mais à la fin de poudrière identitaire, les gens se sont battus. Pour Paroles d’ivoire, au contraire, les gens étaient apaisés, même s’ils étaient tristes.
D’aucuns t’accusent de faire, dans le film, la part belle à Tiken Jah, alors que parmi les intervenants il y a une foule d’anonymes.
L’idée du film, c’était de donner la parole à tout le monde. Passer par les relais politiques traditionnels ne m’intéressait pas, parce que je connais les discours. Donc on a eu l’idée de faire parler Tiken Jah, et même si ici on le considère comme un porte-parole de la rébellion, il y a une chose qu’il faut lui reconnaître, c’est qu’il n’a jamais changé d’avis. Quand Bédié était au pouvoir, il a critiqué Bédié, quand Guéi était au pouvoir, il l’a critiqué. Aujourd’hui, il critique Gbagbo qui est au pouvoir. C’est quelqu’un qui a des convictions, qui les défend, je pense qu’il a droit à la parole comme tout le monde, même si parfois ses arguments ne résistent pas à l’examen de la réalité, mais ça on peut le dire de beaucoup de gens ici.
Il ne t’a pas attiré d’ennuis de la part de certains milieux?
Non, c’est comme le livre, à partir du moment où on dit une certaine vérité, on ne peut pas le contredire. Dans ce cas, les gens préfèrent garder le silence, ils n’ont pas d’arguments à opposer. Je suis habitué. Mais ça n’empêche pas que le livre s’est vendu en France, ce n’est pas parce qu’on en a pas parlé, ou très peu, qu’il ne s’est pas vendu. Le bouche à oreille a bien fonctionné. En plus je ne fais pas ça pour gagner de l’argent. En tant que journaliste français, quel regard portes-tu sur le traitement de la crise ivoirienne par les médias français ?
C’est un peu les travers de la presse française, mais il faut voir après les raisons pour lesquelles ça se passe ainsi. Le constat qu’on peut faire, c’est qu’il y a un canevas, il y a un schéma de pensée sur la crise ivoirienne, on a ses commentaires en tête et la réalité doit s’adapter à ces commentaires. On ne tient pas compte de la réalité, d’ailleurs on ne la connaît pas, beaucoup de mes confrères qui écrivent sur la Côte d’Ivoire sont très loin de la réalité ivoirienne ou la connaissent de façon fragmentaire. Ce qu’il faut dire aussi, c’est que sur l’Afrique, je ne sais pas si c’est un défaut des journalistes français, mais ils se croient autorisés à écrire strictement n’importe quoi, et comme ils ne sont jamais démentis, ils font du roman et ça passe pour argent comptant.
Comment juges-tu la presse ivoirienne ?
C’est une presse qui n’a pas d’argent. D’abord je pense qu’il y a beaucoup trop de journaux. Avec tant de journaux et si peu de lecteurs, les journaux ne sont pas viables. Donc au départ, c’est un problème économique, on fait, en général, de la surenchère, des titres racoleurs pour attirer le chaland, pour attirer les titrologues et en général, il n’y a rien derrière. Il y a aussi les travers de la presse française, c’est-à-dire qu’on n’enquête pas, on ne va pas sur place voir ce qui se passe, on fait des commentaires. Et puis la presse ivoirienne est très politisée, ce qui est un peu normal, puisque les journaux ne sont pas indépendants financièrement, donc ils vont chercher l’argent où il y en a. Et en Côte d’Ivoire, malheureusement, l’argent se trouve dans la politique, c’est pourquoi il y a tant de gens qui courent après le pouvoir, c’est pour avoir de l’argent. La presse ivoirienne n’est que le reflet de cette situation. Mais il y a aussi de très bonnes choses, il y a beaucoup de journalistes qui essaient de faire leur travail dans des conditions très difficiles, avec des salaires de misère. Disons que,












