mercredi, 07 octobre 2009

exode is back

AFRIQUE DU SUD - SOCIÉTÉ
crise économique(120) - exil(25) - émigration(22) - statistique(10)
06/10/2009 12:16:42 | Jeune Afrique | Par : Financial Times et Jeune Afrique
Les Blancs sud-africains rentrent au pays


Ils étaient partis en masse vers des cieux qu’ils croyaient plus cléments. Mais, depuis cette année, la tendance s’inverse. En cause : la crise mondiale, qui rend la vie d’exilé bien difficile.

Après quinze années passées à Londres, Willem De Klerk éprouvait une certaine appréhension à rentrer en Afrique du Sud. « Quand j’ai évoqué cette possibilité, à la fin de 2008, mes amis m’ont dit que j’étais en train de faire la plus grosse erreur de ma vie », raconte-t-il. Cet ancien fonctionnaire de 41 ans n’a pourtant pas tardé à comprendre qu’il avait pris la bonne décision.

« La vie au Royaume-Uni était devenue très dure. Les six derniers mois, nous n’arrivions même plus à joindre les deux bouts. » Avec femme et enfant, De Klerk a quitté une maison de la banlieue de Londres pour une propriété trois fois plus grande près de Pretoria. « Nous avons apprécié d’en avoir pour notre argent. Depuis que nous sommes ici, nous nous en sortons mieux que jamais. »

Joindre les deux bouts

L’histoire de la famille De Klerk est loin d’être une exception. Et pourtant, il y a un an, les coupures de courant, le taux de criminalité élevé et les incertitudes politiques décourageaient les Sud-Africains blancs, qui se précipitaient vers la sortie.

Mais, aujourd’hui, même si la discrimination positive et la criminalité leur font toujours peur, de nombreux Blancs cherchent à regagner leur pays. Il n’y a pas de statistiques officielles en ce domaine. De surcroît, les analystes estiment que beaucoup de départs n’ont pas été enregistrés. L’Institut des relations interraciales s’est néanmoins risqué à faire des projections : entre 1995 – soit un an après la fin de l’apartheid – et 2005, plus de 750 000 Blancs (sur les 5,2 millions que comptait alors l’Afrique du Sud) auraient quitté le pays.

Les statistiques des entreprises de déménagement, elles, sont formelles : le nombre des retours est à la hausse. Depuis le début de 2009, une soixantaine de personnes utilisent chaque mois les services d’Elliott International (qui détient près de 30 % des parts de marché) : c’est presque le double par rapport à 2008. « Il y a eu un tournant, la confiance revient », estime Charles Luyckx, son directeur exécutif. À l’en croire, alors que l’on comptait quatre départs pour un retour en 2008, le ratio se rapproche aujourd’hui d’un pour un.

Tyron Whitley, 34 ans, qui a quitté Londres pour Durban il y a dix-huit mois et créé une entreprise de transport par bateau des véhicules des candidats au retour, fait le même constat : « L’an dernier, on établissait trois devis par semaine. Cette année, c’est un à deux par jour. »

Selon un rapport de la FNB, une des plus grosses banques du pays, seulement 11 % des propriétés sont vendues par des personnes sur le départ, contre plus de 20 % ces dernières années.

L’ampleur de la récession en Australie, au Royaume-Uni et à Dubaï semble avoir joué un rôle majeur dans ce retournement de tendance. Pour l’Afrique du Sud, la crise économique a été moins grave et les perspectives politiques s’améliorent. Jacob Zuma, élu en avril dernier, est peut-être un personnage controversé, mais, pendant ses premiers mois de présidence, il a envoyé des signaux plus rassurants que son prédécesseur Thabo Mbeki à la minorité blanche, aux Indiens et aux métis. « Zuma dit ce qu’il a à dire. Reconnaissons-lui ce mérite », estime Greg Anderson, 41 ans, qui a quitté Londres et sa société spécialisée dans les nouvelles technologies pour Le Cap, il y a quelques mois. Tim Schultz, 35 ans, envisage de suivre son exemple : « Beaucoup de sujets de division ont disparu. La fièvre est retombée. »

Ce nouveau contexte pousse les jeunes actifs à considérer les perspectives de leur pays avec davantage de recul. Ils les comparent à celles d’autres marchés émergents, comme le Brésil ou l’Inde, plutôt qu’à celles des pays plus développés, comme l’auraient fait leurs parents et leurs grands-parents. « La jeune génération ne voit pas les choses de manière aussi apocalyptique », conclut Schultz.

mardi, 06 octobre 2009

Foncièrement bien dit

Vendredi 9 octobre, Venance KONAN sera l'invité des causeries Kokoyalê.

Résumé :

Robert et les Catapila, le plaisir du raconteur d’histoires prend le pas sur le souci du donneur de leçons. Même le badinage ne fait pas de l’ombre à la gravité de l’allégorie.Qui est étranger, qui ne l’est pas ? A qui appartient la terre, à celui qui la travaille ou à celui qui en récolte l’usufruit ? Quand leur prospérité de solides cultivateurs finit par attiser convoitise et jalousie chez leurs hôtes, il a fallu se rendre à l’évidence qu’un étranger n’est acceptable chez les autres qu’à condition qu’il rase les murs. Une fin qui surprend ridiculisant l’actualité d’un certain concept pseudo politique qui a fait fureur en Côte d'ivoire. ( le blog de kangni alem : http://togopages.net/blog/?p=95)

Causeries Terra Nova : chaque vendredi soir à Abidjan. 

Réservations : terranova_ci@yahoo.fr

http://terra.blogspirit.com

vendredi, 28 août 2009

Gabon, élection du 30 Août

Election inédite au Gabon après le règne d'Omar Bongo
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/27/election-inedite-au-gabon-apres-le-regne-d-omar-bongo-par-philippe-bernard_1232442_3212.html

Pour la première fois de leur histoire, les électeurs gabonais devraient pouvoir désigner, dimanche 30 août, le président de la République de leur choix. Moins de trois mois après la mort d'Omar Bongo, qui régna sans partage pendant quarante-deux ans avec la bénédiction de la France, les 800 000 électeurs de ce petit pays pétrolier iront aux urnes pour choisir son successeur parmi pas moins de 23 candidats, dont 3 femmes.

Habitués à une série de plébiscites orchestrés par le pouvoir, parfois au prix d'une fraude manifeste, ils avaient fini par déserter les scrutins.

La ruée sur les listes électorales observée à la mi-juillet, pendant leur courte réouverture, a confirmé l'engouement pour cette élection présidentielle. "Avant, on payait les gens pour qu'ils aillent se faire inscrire. Cette fois, les gens se sont levés spontanément, remarque Dieudonné Minlama Mintogo, de l'Observatoire de la démocratie, une association qui se veut l'expression de la société civile. Depuis la mort de Bongo, ils se disent que c'est le moment de se réveiller."

Cette fois en effet, il s'agit non pas de renouveler le sempiternel mandat d'Omar Bongo, mais de lui trouver un successeur et, au-delà, de répondre à la question : une élection libre est-elle possible au Gabon ? Le "système Bongo" continuera-t-il de contrôler les richesses du pays (pétrole, bois, manganèse) et la répartition des revenus qu'elles procurent ? La France, présente notamment avec le groupe pétrolier Total, restera-t-elle neutre ? Autant de questions qui taraudent les Gabonais.

Le vote de dimanche, ouvert comme aucun ne le fut, est d'autant plus crucial que l'élection, à un seul tour, autorise la victoire d'un candidat avec un faible score.

Il est encore renforcé par la tournure prise par une campagne électorale où Ali Ben Bongo, 41 ans, le fils du président disparu, apparaît en majesté, seul contre tous, disposant de leviers politiques et de moyens financiers sans commune mesure avec ses adversaires. Ses affiches dominent largement la campagne et il est le seul à sillonner le Gabon en hélicoptère, avantage décisif dans un pays largement dénué de routes. Il contrôle une chaîne de télévision privée - Télé Africa - tout comme son ancien ami aujourd'hui adversaire, André Mba Obame, avec TV+.

Si les candidats sont nombreux, les véritables opposants sont rares. Parmi les deux principaux concurrents d'Ali Ben Bongo figurent deux anciens premiers ministres de son père (Casimir Oyé Mba et Jean Eyéghe Ndong) et plusieurs de ses anciens ministres : Zacharie Myboto, Paul Mba Abessole, et surtout André Mba Obame, ministre de l'intérieur jusqu'en juillet, longtemps présenté comme le "frère" d'Ali Bongo en politique.

Seul Pierre Mamboundou, qui se pose en "alternative à un système néocolonial défaillant et antidémocratique fondé sur la corruption de prédateurs", présente un itinéraire d'opposant opiniâtre, encore qu'il ait esquissé sur le tard un rapprochement avec Omar Bongo. Quant à Bruno Ben Moubamba, militant contre les "biens mal acquis" et nouveau venu sur la scène politique, il poursuit une grève de la faim à Libreville depuis le 15 août pour dénoncer "un coup d'Etat électoral".

Ecoles, hôpitaux, routes, allocations familiales : les candidats rivalisent pour jurer qu'ils réaliseront les promesses jamais tenues en quatre décennies de régime Bongo. Ali Bongo a choisi trois axes : "paix, partage développement". "Fini avec le favoritisme, fini avec les postes réservés aux parents ! Place au mérite, place à ceux qui travaillent !", s'est-il exclamé lors d'un récent meeting, en promettant de "punir les corrupteurs et les corrompus", comme l'avait fait son père en décembre 2007, lorsqu'il avait dénoncé "l'enrichissement illicite" comme principale cause du retard du Gabon.

MANQUE DE TRANSPARENCE

Si l'ambiance générale est celle d'une campagne électorale populaire animée et sans trop de violence, les apparences sont trompeuses, dans un pays pauvre où il suffit de distribuer quelques billets de banque et des T-shirts pour remplir un meeting.

D'autres éléments reflètent un manque de transparence et des irrégularités, alimentant des tensions qui pourraient s'aggraver d'ici au vote et surtout après la proclamation des résultats.

Les adversaires du fils Bongo se retrouvent pour dénoncer les "trucages flagrants" dans la constitution du corps électoral. Ils soulignent l'étrangeté, pour un pays jeune de 1,3 million d'habitants, étrangers compris, de compter plus de 800 000 électeurs. "Tous les candidats qui ont appartenu au gouvernement disposent d'un énorme avantage : ils avaient mis à profit les législatives de 2006 pour battre le rappel de leurs partisans et les inscrire sur les listes électorales", indique un responsable politique. De nombreux Gabonais admettent qu'ils sont inscrits "à la fois au village et en ville".

Le ministre de l'intérieur lui-même a reconnu l'existence de 120 000 "doublons". L'argument de la fraude nourrit le slogan de l'opposition selon lequel Ali Bongo, impopulaire, "ne peut pas se faire élire à la régulière", comme l'a répété Casimir Oye Mba, mercredi sur Radio France Internationale (RFI).

Anticipant implicitement l'annonce d'une victoire de M. Bongo, ses adversaires agitent la menace de manifestations dans cette hypothèse. "Nous saurons défendre notre victoire, y compris dans la rue", prévient Paul Mba Abessole, tandis que Pierre Mamboundou estime que "toutes les conditions de la contestation des résultats sont réunies".

L'avocat Robert Bourgi, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy et chaud partisan de son client Ali Bongo, dont la victoire à ses yeux ne fait aucun doute, pronostique aussi dans tous les cas de figure "des violences contre les Français et leurs intérêts".

Officiellement, cette stratégie de la tension n'inquiète pas l'Elysée. "Depuis la mort d'Omar Bongo, tous les Cassandre se sont trompés, souligne-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. La campagne se passe dans un bon climat et la France observe une stricte neutralité." L'effectif des soldats de la base française de Libreville, prend-on le soin de préciser, n'a pas été renforcé.

Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 28.08.09.

lundi, 27 juillet 2009

Des idées pour l'été

Pour se détendre et retrouver de l'énergie ou développer votre réseau social ou cultivez votre curiosité , un petit remède efficace contre la crise : Terra Nova, à consommer sans modération !

 

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samedi, 18 juillet 2009

Sarkozy l'Africain...

«Ce soir, ma biche des savanes...»

SÉRIE
Et si c’était un joueur de crapette, un lecteur passionné de la Princesse de Clèves, un gaffeur ou même un imposteur… Cet été, Libération a demandé à quatorze écrivains de se mettre dans la tête de notre Président pour en explorer les facettes les plus folles.

Aujourd’hui : Sarkozy l’Africain
Par VENANCE KONAN

Je me réveillai en sursaut, le cœur battant la chamade. Carla était penchée sur moi et me regardait avec des yeux inquiets. Tu faisais un cauchemar, mon chéri. Tu criais «non, non, non !» Il me fallut de longues secondes avant que je ne réalise que j’étais bien dans mon lit, à l’Elysée. J’étais dans les bras de Patience Dabany, murmurai-je. De qui ? demanda Carla, les yeux écarquillés. Patience Dabany, l’ex-femme d’Omar Bongo. Ce n’était pas un cauchemar, dit Carla les lèvres pincées. C’était une belle femme. Mais non, pas celle qui est décédée. Patience est sa première épouse, elle est chanteuse comme toi, mais pas jeune du tout. Pas belle non plus. Et chaque fois qu’un chef d’Etat va dans son pays, elle l’invite à danser. Elle avait fait le coup à Mitterrand. Dans mon rêve, elle avait un petit sac au dos et chantait du rap. Moi, j’avais une casquette à l’envers sur la tête et je sautillais à ses côtés en criant «Yo ! Yo !» Et puis elle m’a pris dans ses bras et serré contre elle. Quelle horreur ! Carla faillit s’étrangler de rire. Elle entra sous les draps et éteignit la veilleuse. Je me recouchai et la pris dans mes bras. Mais je ne pouvais plus trouver le sommeil.

C’était comme ça chaque fois que je devais aller en Afrique. Je faisais toujours le même cauchemar : Patience Dabany qui me forçait à danser. Avant mon voyage au Sénégal, j’avais dû danser sur le rythme du M’balax, cette danse où les femmes soulèvent leurs jupes. Avant les deux Congos et le Niger, je ne sais pas pourquoi, mais ce fut le «coupé-décalé», ce truc ivoirien que je dus danser avec elle. Et cette fois-ci, pendant que je sautillais, je voyais Ségolène debout à côté de Bongo et qui lui présentait des excuses parce que je dansais mal. Non, je n’avais vraiment pas envie d’y aller cette fois-ci.

Robert, Bruno et Henri
Je pensais à la réunion que je devais avoir avec Robert Bourgi, Bruno Joubert et Henri Guaino ce matin. Robert, c’est un ancien des réseaux Foccart. Il connaît toutes les portes d’entrée et les cuisines des palais africains. C’est de père en fils chez eux. Son père, un Libanais du Sénégal, bossait déjà pour le vieux Foccart. Bruno, c’est mon «Monsieur Afrique», et Henri, mon «nègre». C’est lui qui rédige tous mes discours. Eux, ça les fait bander chaque fois qu’on parle de l’Afrique. Je suis sûr que là-bas, ils se tapent des négresses aux fesses bien rebondies.

Ils m’ont tout dit, le rôle historique de la France, la francophonie, notre belle langue que les Négros sont en train d’enrichir, tu parles, s’ils l’enrichissent avec leurs mots barbares et leurs abominables accents, notre place parmi les grandes puissances, leurs matières premières que les Chinois sont en train de nous piquer, nos industries qui piquent du nez, leur amour pour la France, même si certains d’entre eux cachent ça derrière des discours révolutionnaires, leur pognon qu’ils viennent dépenser chez nous. Je sais tout ça. Je sais que je dois y aller. Ça fait partie de mon boulot. Mais ils veulent que j’y reste trois jours cette fois. Trois jours loin de Paris, loin de Carla, dans la nuit moite, au milieu des moustiques, en train de regarder des négros danser des danses lubriques, non, très peu pour moi. Et puis, il est impératif pour moi d’être de retour à Paris ce lundi soir. Je ne peux pas le leur expliquer, mais il m’est impossible de passer la nuit là-bas. Je ne pus fermer l’œil de toute la nuit et j’avais mal à la tête le matin quand j’entrai dans le bureau où ils m’attendaient. Je les attaquai, bille en tête. «Je ne passerai pas une nuit là-bas, soyons clair. Il me faut absolument être de retour à Paris le même soir. Arrangez ça comme vous voulez.» Robert fut le premier à prendre la parole. Excusez-moi, monsieur le Président, mais papa m’a dit… Papamadit ? Qu’est-ce qu’il a encore fait, Jean-Christophe Mitterrand ? Je croyais rêver. Chaque fois que je devais aller en Afrique, tous les fantômes de la Françafrique s’y invitaient. La dernière fois, à Brazzaville, j’avais dû aller me recueillir devant la «case de Gaulle». Et un ancien combattant justement prénommé Degaulle - sont vraiment cons ces mecs - avait trouvé intelligent de dire que j’étais le fils du général parce que nous avions le même nez. Complètement givré ! Qu’est-ce que le fils Mitterrand avait à voir avec ce voyage ? Je voulais dire que papa Bongo m’a dit… Vous l’appelez papa ? Euh, c’est qu’il aimait bien ça. Ils adorent tous qu’on dise qu’ils sont vieux et sages. Il aurait été ravi que vous l’appeliez aussi papa. Vous vous foutez de moi ? Non, non, je ne me le permettrais pas. Mais le vieux Houphouët-Boigny, il était aux anges quand Chirac l’appelait papa. Et le vieux Bongo, il se voulait le nouveau vieux sage du continent. Alors, qu’est-ce qu’il vous a dit, votre papa ? Il m’avait dit avant sa mort que ses collègues n’avaient pas beaucoup apprécié que vous n’ayez passé que trente-six heures dans leurs trois pays lors de votre dernier voyage. Il insistait pour que cette fois-ci, vous passiez au moins une nuit dans chacun des deux pays que vous devez visiter. Il m’a dit qu’ils ont déjà mobilisé toutes leurs danses folkloriques pour vous, et chez eux, le folklore, c’est très important. De plus, ajouta Joubert, le «Christ de Vava»… Le quoi ? C’est ainsi qu’on appelle là-bas le premier président chez qui vous devez vous rendre. Vava, c’est son village, et là-bas, on le prend pour une réincarnation du Christ ou quelque chose comme ça. Il aimerait que vous inauguriez trois latrines dans son village.

Inaugurer des latrines dans le village du Président ? Je me demandais s’il ne se foutait pas lui aussi de moi. Précisément dans le village de sa mère, monsieur le Président. Les Chinois avaient construit trois latrines dans le village de son père et, compte tenu des relations houleuses que nous avions, et comme il veut maintenant être notre copain, nous avons demandé à notre mission de coopération de lui construire aussi des chiottes dans le village de sa mère. Ça a été fait, et il reste à les inaugurer. Si vous alliez les inaugurer vous-même, ce serait un geste symbolique très fort. Il a dit que ce serait comme si vous étiez devenus des parents. Des parents ? Ça me rappelait quelque chose. Oui, Giscard et ce cannibale de Bokassa. Il ne manquait plus que ces deux-là. Mais pourquoi des chiottes ? On a rapporté au «Christ de Vava» que la France avait financé la construction de trois chiottes au Bénin, au bord du lac Ahémé. Il en a été un peu jaloux. Alors, pour nous faire chier, si j’ose dire, il a demandé aux Chinois de faire pareil dans le village de son père. Ce qu’ils ont fait. En retour, il leur a permis de pêcher tout ce qu’ils veulent dans ses eaux territoriales. Puisqu’il nous a promis le marché de la construction de son nouveau port et de sa ligne de chemin de fer, nous avons pensé que trois chiottes, ce n’était pas cher payé. Franchement, il se foutait de moi. Moi, Sarkozy, le président de la France, aller inaugurer des chiottes en Afrique ! Grotesque. Je vois déjà les Guignols de l’info se foutre de ma gueule. «Fillon ira les inaugurer, ses chiottes, dis-je. Puisqu’il se plaint de n’avoir rien à faire, voilà qui va l’occuper.»

Ségolène qui se répand et se repent
D’abord, je crois, monsieur le Président, que si vous passez en coup de vent comme la dernière fois, ils croiront que vous ne supportez pas leurs odeurs. Leurs odeurs ! Et voici le fantôme de Chirac qui s’amène, après de Gaulle, Giscard et Mitterrand. La moutarde commençait à me monter au nez. Bien sûr qu’ils ont des odeurs. Bien sûr qu’ils puent, et merde à la fin ! Je vous dis que des raisons d’Etat m’obligent à être à Paris le lundi soir et vous n’arrêtez pas de me faire chier. Vous me conseillez sur l’Afrique, mais je n’ai pas que l’Afrique à gérer, moi ! J’ai Florence Cassez à libérer avant qu’elle ne fasse un gosse avec un gardien de sa prison mexicaine ou qu’elle ne chope une grippe cochonne, Kouchner qui me gonfle tous les jours avec le Liban, je me demande s’il n’a pas une maîtresse libanaise, Obama qui doit m’inviter à la Maison Blanche, les employés de Continental qui me cassent les couilles, la Société générale qui jette tout notre fric par la fenêtre, et Ségolène qui se répand et se repent partout. C’est pas mal hein, ça ! Elle se répand, du verbe répandre, et se repent, du verbe repentir. Hein, qu’en dites-vous ?

Excellent, monsieur le Président, excellent ! répondirent-ils tous en chœur. Mon jeu de mots fit passer ma mauvaise humeur. Henri reprit la parole. Cette fois-ci, vous parlerez de la grande et riche histoire de l’Afrique, de Soudjata Kéïta, l’empereur du Manding, de Chaka Zoulou qui aurait résisté aux Blancs en découpant ses concitoyens en petits morceaux. Ils en sont très fiers et se veulent tous les descendants de ces deux hommes. Et vous parlerez aussi des merveilles de Zimbabwe… Cette fois-ci, je vis rouge. Les merveilles de Zimbabwe ? Vous vous foutez aussi de moi ? Il est merveilleux, le vieux con de Mugabe avec son taux d’inflation à un milliard pour cent et ses opposants torturés ? Vous avez tous décidé de venir vous foutre de moi ce matin, hein, c’est ça ? Non, non, monsieur le Président, s’empressa Henri. Zimbabwe, c’est une antique cité en pierre, très jolie, on ne sait pas qui l’a construite, mais c’est vraiment une merveille, et tous les négros, pardon, les Blacks en sont très fiers. C’est son nom qu’ils ont donné à leur pays quand ils ont pris le pouvoir aux Blancs. OK, OK. Mais soyez vraiment clair là-dessus hein ! Faudrait pas que Gordon Brown pense que je soutiens Mugabe. Il est très sensible là-dessus. Et j’ai pas envie que Ségolène aille lui présenter encore des excuses. Ecoutez, on ne va pas passer la journée dessus. On va tôt le matin, on fait les deux pays, et on rentre le soir. OK ? De l’aéroport, je vais chez le Président en hélico, je fais mon discours, il me répond, il signe le contrat, on trinque, et on repart à l’aéroport. Même topo dans le second pays. C’est votre boulot de leur faire avaler cela. Tenez, dites-leur par exemple que ce lundi soir je dois rencontrer secrètement les chefs des autres pays riches pour voir comment on pourra alléger leurs dettes. «Pour leur permettre de s’endetter à nouveau», me dis-je intérieurement.

Les pharaons noirs
Carla m’attendait avec impatience quand je rentrai à la maison, ce lundi soir. «Tu arrives juste à temps, mon chéri. Ça commence dans dix minutes. Alors, comment ça s’est passé ?» Très bien. Ils ne sont pas compliqués, les négros. Chez le «Christ de Vava», j’ai dit un truc sur les pharaons noirs… Ils étaient noirs les pharaons ? C’est ce qu’ils disent. Un certain cheikh Anta Diop leur a dit que les Egyptiens étaient des Négros, et que ce sont eux, les Négros, qui ont construit les pyramides. Il est quand même gonflé ce type. Ecoute Carlita, si ça leur fait plaisir de me l’entendre dire et que cela me permet d’avoir de bons contrats et tous leurs minerais, pourquoi veux-tu que je me gêne ? Chez l’autre, le «militaire intellectuel», c’est comme ça qu’on l’appelle parce qu’il a fait deux ans de fac, j’ai dit que la démocratie a son origine en Afrique, que leurs palabres sous leur gros arbre là, c’est la forme la plus achevée de la démocratie, puisque tout le monde y a la parole, et que nous Européens gagnerions à aller nous inspirer chez eux. Ils étaient contents. Et ils m’ont filé tout ce que je voulais. Rama Yade n’a pas parlé des droits de l’homme là-bas ? Suis allé avec elle pour leur prouver que j’étais pas raciste, et pour leur expliquer que lorsque l’immigration était bien choisie, chacun des négros pouvait devenir ministre, puisque c’est leur rêve à tous de devenir ministres, mais je lui ai demandé de la boucler pour une fois. Là-bas, les violations des droits de l’homme font partie du folklore. Et comme l’a dit Robert, il faut respecter leurs folklores, à ces gens. Mais tu connais la meilleure, chérie ? Non mon chou. Je leur ai dit que je prenais l’engagement solennel d’être leur avocat au G8, au G20, à l’ONU, partout, pour qu’on allège leurs dettes et qu’on augmente l’aide. Et dans les deux pays, ils m’ont baptisé Sarkozy l’Africain. Tu te rends compte ? Moi, Sarkozy l’Africain ! Alors, ce soir, ma biche des savanes, je te ferai l’amour comme un Africain.

Je finis de me brosser les dents, passai mon peignoir, enfilai mes pantoufles et vins me lover contre Carla dans le canapé. Toute la fatigue de la journée s’était envolée. Le film commençait. Pour rien au monde je ne pouvais rater Safari avec Kad Merad. Je l’adore, ce mec. Et puis, pour moi, l’Afrique, c’est mieux au cinéma. C’était la première fois que Safari passait à la télé, et pour moi, la première fois qu’un film passe à la télé, c’est comme une grande première. Je ne pouvais pas louper ça. Surtout pas à cause de deux rois négros.

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Venance Konan

Né en 1958 à Bocanda, en Côte-d’Ivoire, Venance Konan, après un doctorat en droit, fut journaliste à Fraternité Matin, le grand quotidien de Côte-d’Ivoire, rédacteur en chef puis chef de service de communication de l’Assemblée nationale ivoirienne. Venance Konan est aujourd’hui correspondant permanent pour l’Afrique de l’Ouest d’Afrique Magazine qui est édité à Paris. Il est, entre autres, l’auteur des Prisonniers de la haine(Nouvelles Editions ivoiriennes) et, dernièrement, des Catapilas,ces ingrats (Editions Jean Picollec).

dimanche, 12 juillet 2009

Barack O'Ghana

VISITE HISTORIQUE EN AFRIQUE NOIRE

Barack Obama au Ghana : "l'avenir de l'Afrique appartient aux Africains"

http://www.lepoint.fr/presidentielle-americaine/2009-07-11/ghana-la-visite-historique-de-barack-obama-en-afrique-noire/1781/0/360614&xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20090711

AFP

"Nous devons commencer par ce postulat simple: l'avenir de l'Afrique appartient aux Africains eux-mêmes". C'est sans détour que Barack Obama s'est adressé au parlement ghanéen, samedi. Le président américain a noté que l'Afrique était en encore en proie aux conflits, à la maladie, au sous-développement économique, à la corruption et aux pratiques antidémocratiques. Il a reconnu la part de responsabilité du colonialisme. Toutefois, a-t-il ajouté, "il est facile de montrer les autres du doigt, de rejeter la faute sur les autres... Mais l'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours de la dernière décennie, ou des guerres où on enrôle les enfants dans les rangs des combattants".

Le président américain a par ailleurs appelé l'Afrique à mettre fin aux pratiques antidémocratiques et brutales et à la corruption, pour adopter des règles de bonne gouvernance. Barack Obama a énoncé un principe selon lui fondamental: "Le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est un ingrédient qui a fait défaut pendant beaucoup trop longtemps, dans beaucoup trop d'endroits". M. Obama a souligné que le soutien américain au développement serait lié au respect des règles démocratiques: "Ce que nous ferons, c'est augmenter notre assistance aux individus et aux institutions responsables, en faisant porter l'effort sur le soutien aux règles de bonne gouvernance".

Auparavant, le premier président noir des États-Unis avait salué la vitalité de la démocratie au Ghana, premier pays d'Afrique noire qu'il visite depuis son entrée en fonction, lors d'une rencontre avec son homologue John Atta-Mills. Accueilli au "château" (le palais présidentiel) par une impressionnante garde d'honneur en tuniques rouges et 21 coups de canon, le président américain a petit-déjeuné avec le président Atta-Mills et ses deux prédécesseurs, John Kufuor et Jerry Rawlings. Tout un symbole de cette démocratie ouest-africaine qu'a tenu à montrer en exemple Barack Obama en se rendant dans ce pays, première ex-colonie d'Afrique noir à avoir obtenu l'indépendance en 1957. "J'admire le Ghana, je suis heureux de son parcours démocratique, continuez sur cette voie!", a-t-il déclaré après ses entretiens avec John Atta-Mills en promettant des relations bilatérales "encore plus profondes".

Michelle Obama est elle-même une descendante d'esclave

"Le pays tout entier est heureux de vous recevoir pour célébrer ensemble notre succès comme modèle de démocratie en Afrique. Nous allons redoubler d'efforts sur cette voie", lui a répondu John Atta-Mills. Autour du "château", des centaines de personnes étaient massées depuis l'aube dans l'espoir d'apercevoir quelques instants le président américain. Certains brandissaient des pancartes où on pouvait lire "Obama tu es le vrai fils de l'Afrique, on t'aime". Dans la foule, Ama Agyeman, une femme de 80 ans clouée dans un fauteuil roulant poussé par son petit-fils de 10 ans, expliquait: "je veux voir le premier président noir d'Amérique avant de mourir".

Barack Obama et son épouse Michelle, elle-même une descendante d'esclave, avaient été accueillis vendredi soir à l'aéroport Kotoka d'Accra, en provenance d'Italie où se tenait le G8, par le président John Atta-Mills. Le couple tenait chacun par la main une de ses deux filles, Malia et Sasha, 10 et 8 ans, à la descente d'avion. Sur le tarmac ils ont eu droit à des danses au son des tambours traditionnels ashantis. La sécurité a eu une petite frayeur quand le président et sa famille se sont rapprochés des danseurs de façon impromptue.

Pour son premier déplacement en Afrique noire, le président Obama a choisi ce petit pays anglophone ouest-africain en raison de son bilan démocratique qui contraste singulièrement avec la situation générale sur le continent, où les élections frauduleuses et violentes sont monnaie courante. Le président américain voulait aussi symboliquement enchaîner le sommet du G8 par un voyage en Afrique avant de rentrer à Washington pour bien montrer que "l'Afrique est directement connectée à notre politique étrangère".

Obama appelle les Africains à prendre en main leur destinée
http://news.fr.msn.com/article.aspx?cp-documentid=148498500


Le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama, a appelé samedi l'Afrique à prendre en main son propre destin en combattant les pratiques antidémocratiques, les conflits et la maladie et en l'assurant du soutien américain dans cette vaste entreprise.

Au cours de sa première visite de président en Afrique noire, M. Obama a ravivé le grand slogan de sa campagne électorale victorieuse, "yes, you can" pour appeler les Africains à ne plus invoquer le colonialisme pour expliquer les guerres, la maladie, le sous-développement, les pratiques antidémocratiques et la corruption sur un continent plein de "promesses", selon lui.

"Vous pouvez vaincre la maladie, mettre fin aux conflits, changer fondamentalement les choses. Vous pouvez faire ça. Oui, vous le pouvez" (« yes, you can »!), a-t-il dit, soulevant les clameurs des députés ghanéens devant lesquels il s'exprimait.

"Mais cela n'est possible que si, vous tous, vous assumez la responsabilité de votre avenir. Cela ne sera pas facile. Cela réclamera du temps et des efforts. Il y aura des épreuves et des déconvenues. Mais je peux vous promettre ceci: l'Amérique sera à vos côtés, à chaque étape, en tant que partenaire, en tant qu'amie", a-t-il dit.

La venue de M. Obama a suscité beaucoup de ferveur. Des centaines de personnes s'étaient massées à l'aube autour du palais présidentiel, où il était reçu avant le parlement, pour tâcher de l'apercevoir. Certains brandissaient des pancartes où on pouvait lire "Obama tu es le vrai fils de l'Afrique, on t'aime".

Dans la foule, Ama Agyeman, une femme de 80 ans clouée dans un fauteuil roulant poussé par son petit-fils de 10 ans, expliquait: "je veux voir le premier président noir d'Amérique avant de mourir".

M. Obama, le fils d'un Kényan émigré aux Etats-Unis pour étudier avant de rentrer au pays, a rappelé devant le parlement que "le sang de l'Afrique" coulait dans ses veines.

Il sait donc le mal que le colonialisme a fait à l'Afrique.

Mais, a-t-il ajouté, "il est facile de montrer les autres du doigt". "L'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours de la dernière décennie, ou des guerres où on enrôle les enfants dans les rangs des combattants", a-t-il dit.

M. Obama, qui avait choisi le Ghana comme le rare exemple en Afrique de transitions démocratiques et de réussites économiques, a ainsi appelé les Africains à adopter des règles de bonne gouvernance et de mettre fin aux changements brutaux de régimes parce que "l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, elle a besoin d'institutions fortes".

Il a signifié que le soutien américain au développement dépendrait de cette adhésion aux règles démocratiques.

Il a insisté sur la notion de partenariat. Ainsi, il a promis la poursuite de l'aide américaine contre les maladies parce qu'il "y a encore trop de gens à mourir de maladies qui ne devraient pas les tuer". Mais il entend le faire en renforçant les systèmes santé africains.

Le "génocide" en cours au Darfour ou l'expansion terroriste en Somalie réclament une réponse internationale, a-t-il dit, mais il encourage la création d'une "architecture régionale de sécurité qui soit forte et qui puisse produire une force transnationale efficace quand il le faut".

"Alors les Etats-Unis apporteront leur soutien diplomatique, technique, logistique et appuieront les efforts pour faire juger les criminels de guerre", a-t-il dit.

Samedi après-midi, après avoir visité un hôpital d'Accra spécialisé dans la lutte contre le paludisme et soutenu financièrement par les Etats-Unis, M. Obama et son épouse Michelle, elle-même descendante d'esclave, devaient se rendre au fort esclavagiste de Cape Coast, témoignage de la tragique traite négrière pour l'Afrique.

Il devait s'exprimer dans cette imposante bâtisse tournée vers la mer et d'où des milliers d'Africains partirent vers l'Europe, l'Amérique et les Caraïbes pour un voyage sans retour.

samedi, 30 mai 2009

Expo Photo

Kajazoma reçoit sandrine Benitah et fabrice Duhal à l'occasion d'une exposition de photos conscrées à des voyages en Afrique. C'est jusqu'au 10 juin....et plus si affinité. (Abidjan - Zone 4 - Entre carrefour Koumassi et carrefour Paul Langevin).EXPO Photos.jpg

jeudi, 30 avril 2009

Tiébélé >> Abidjan

Grâce à la participation financière de l'Ambassade d'Espagne de Côte d'Ivoire et de Monsieur Yves Lambelin, et sous la direction artistique de Kaidin Le Houelleur, les femmes de Tiébélé ont quitté le burkina-faso pour s'installer durant une quinzaine à Abidjan. Le programme conçu par

debut du mur Tiébélé village.JPG

Terra Nova @ Villa Kaidin s'est déroulé en trois temps :

> une exposition dans les jardins de l'Ambassade, de 48 Tapas réalisés par les femmes de Tiébélé

> 3 matinées de "master class" auprés de 15 stagiaires au sein de la Villa Kaidin (Une fresque a été réalisée dans l'atelier de la Villa)

> 3 fresques mûrales de 4mètres de long ont été réalisées chez Monsieur Lambelin

Une soirée à la Villa Kaidin a permit de vendre la plupart des Tapas réalisés en trois formats différents.

13 Tapas ont rejoint l'exposition permanente au sein de la Villa.

Olivier vous y attend ! (terranova_ci@yahoo.Fr)

vendredi, 26 décembre 2008

Terra Nova - Labs

Le 19 janvier prochain, l'expédition Terra Nova fêtera ses 97 ans...et nous notre nouvel an zéro ...(http://terra.blogspirit.com).

Entrée.jpgCe sera pour nous l'occasion d'écrire un nouveau chapitre à l'aventure interculturelle du même nom, que nous avons commencé en été 2004, il y a cinq ans de cela. Terra Nova va naître sur une forme nouvelle, en complément de sa vie numérique qui continuera en format webzine. Terra Nova (labs) va naître, sur les rives de Cocody, à Abidjan, et installera ses quartiers dans la magnifique Villa Kaidin, grâce à l'artiste du même nom. (www.kaidin.net).

Terra Nova labs devient le nom de notre laboratoire culturel et social, la branche "projet" issue de nos réflexions pour faire un peu bouger les choses sur le plan culturel et sociétale. Un premier projet qui répond au nom de CITI et qui a pour vocation de contribuer à l'amélioration de la visibilité et de l'attractivité de la destination Côte d'Ivoire sur le plan internationnal à rencontré un acceuil favorable.

Terra Nova c'est aussi un espace de recontres et d'échanges, une gallerie permanente, un tea time, un espace brunch et bien d'autres rendez-vous organisés autours de nos dimensions et sous l'appellation "Nova Buzz". (http://novabuzz.blogspirit.com).

s574801811_791077_2106.jpgTerra Nova c'est enfin la bulle "bien être" dont nous vous avons parlé à plusieurs reprises et qui prend désormais forme à compté du 1er mars 2009 avec l'ouverture de la première partie de Natural Tigba, un Eco campement de 3000m² réservé au calme et à la zen attitude. (http://natiba.blogspirit.com).

Passer de la vie numérique à la vie réelle et vice et versa, est notre quotidien depuis 5 ans, signe que le web 2.O est la bonne formule dès qu'il est destiné à "collaborer" et donc à échanger au tour d'un projet. Preuve qu'un support alternatif peut devenir réalité, nous continuons à partager cette expérience ouverte et collaborative en continuant les 5 dimensions qui nous animent ( culture, web 2.0, médias du sud et décryptage Nord-sud, développement durable, social business).

Terra Nova sera en 2009 co-producteur des "Abidjan blogcamp" afin de poursuivre à partager notre expérience et faire de nombreux émules.

Nous profitons de ces fêtes pour vous invitez à continuer à partager avec nous une lecture différente de notre société et nous vous souhaitons à vous et à vos proches, la paix, la santé et une énergie sans limite pour mener à bien tous vos projets.

Très bonne année 2009.

 

lundi, 28 juillet 2008

provocations

Aprés la journée Presse morte à Dakar, c'est au tour d'Abidjan de voir plusieurs quotidiens invoquer des atteintes à la liberté d'expression dans un climat de "vie chère" et suite à la hausse des prix du carburant ayant entrainé une semaine de grève dont le gouvernement avait préféré contester d'abord la légitimité et avait finit par reculer en baissant les prix des carburants. Une baisse et des arguments qui n'ont guère convaincus les syndicats qui annoncent une grève générale pour le 1er Août. Extraits.

"Le régime aurait-il décidé de prendre des mesures vigoureuses pour endiguer l’agitation sociale ? Selon des informations très précises, des membres très actifs de la société civile et un syndicaliste sont convoqués pour le 29 juillet à la Direction de la surveillance territoriale (Dst) pour être entendus. il s’agit de MM. Jean-Louis Billon, président de la chambre de commerce et d’industrie, Venance Konan journaliste et chroniqueur au journal le Nouveau Réveil, N’Gouan Patrick, président de la Lidho et Mesmin Comoé, patron du Mouvement des instituteurs pour la défense de leur droit(Midd) . Joint au téléphone depuis la France où il se trouve, le président de la Chambre de commerce et d’industrie a reconnu avoir été convoqué par la Dst avant son voyage. Il s’était rendu au siège de ce service de Police pour répondre à la convocation mais celui qui l’avait convoqué n’était pas là. Loin du pays aujourd’hui, il dit n’être pas encore informé de la convocation du 29 juillet. Jean-Louis Billon, on le sait, a ouvertement pris position contre les augmentations de prix et appelé à des rajustements durant la dernière crise qui a secoué le pays. Il avait indiqué qu’Abidjan faisait partie des villes les plus chères au monde.

Quant au journaliste Venance Konan, il dit n’avoir encore reçu aucune convocation mais, a appris comme tout le monde et par certaines de ses sources qu’il est convoqué à la Dst. «Les personnes qui m’en ont parlé sont sérieuses c’est pourquoi, il faut ne pas négliger l’information », dit-il. N’Gouan Patrick de la Lidho, lui également, nous a déclaré n’avoir pas encore reçu de convocation. Mais l’existence de ce document lui a été confirmée par un ami. Quant à Mesmin Comoé, il semblait quelque peu surpris par notre question au sujet de cette affaire. «Demain, j’irai voir de quoi il est question. Pour le moment, je n’en sais rien », s’est-il contenté de dire."

Traoré M Ahmed - In Nord Sud Quotidien - Publication du 28 juillet 2008

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